Author - Christopher Guyon

Avis du livre La mise en scène de Mark Travis

realiser un film

livre sur la realisationLa réalisation de film, ce n’est pas seulement (voir pas du tout) savoir se servir d’une caméra. La mise en scène, déjà, débute bien avant le tournage, et se propage au-delà de celui-ci. Dans son livre best-seller La mise en scène, le réalisateur et consultant présente ce qui fait l’essence du métier, mais aussi tout ce que l’on n’imagine pas forcément avant de devenir réalisateur, le tout avec de nombreuses anecdotes basées sur plusieurs décennies à travailler sur les plateaux de tournage de nombreux films.

De quoi ça parle ?

Cet ouvrage explique de manière très détaillée, chaque étape du travail du metteur en scène jusqu’à la sortie d’un film.

Lorsque le metteur en scène tourne son film, il a derrière lui plusieurs mois de travail intensif avec une multitude d’intervenants : scénariste, producteur, acteurs, décorateur, directeur de la photo, ingénieur du son, compositeur, premier assistant, costumier, spécialiste des effets spéciaux, directeurs de casting…

Cet ouvrage s’appuie sur de nombreux exemples pour expliquer le parcours du metteur en scène, du jour où il s’intéresse à un projet jusqu’à la sortie de la première copie d’un film.

Il définit les différentes façons d’établir des relations étroites entre les membres de l’équipe, et insiste sur le travail avant le tournage avec les comédiens pour créer une entité narrative puissante.

L’auteur, un réalisateur confirmécoaching realisateur

Mark Travis a fait des études de théâtre et assuré la mise en scène de nombreuses pièces primées avant de poursuivre sa carrière à la télévision et au cinéma. Il a ensuite développé son activité de consulting, pour laquelle il vient en aide et apporte son expérience à quelques uns des plus grands réalisateurs hollywoodiens.

La mise en scène de A à Z

Le livre de plus de 300 pages, contrairement à d’autres œuvres sur le sujet, se veut dense et complet. Il faut attendre plus de 200 pages pour aborder le chapitre lié au tournage. Avant cela, plus de 50 pages sont dédiées au scénario. L’idée n’est pas de faire en plus court ce que font déjà d’autres livres dédiées à l’écriture, mais bien d’étudier le rapport du réalisateur au scénario et aux scénaristes : quelle place accorder à ces derniers ? Quelles sont les forces et faiblesses du scénario ? Comment aborder le travail de réécriture ?

Après cela, d’autre étapes préalables au tournage sont abordées avec précision, expérience et de nombreux exemples de films cultes à l’appui : Découpage technique, équipe artistiques, casting, répétitions… C’est l’un des rares livres sur la mise en scène qui accorde autant de pages au travail avec les acteurs et c’est passionnant et très instructif.

Arrivent ensuite deux grosses parties dédiées au tournage et à la post-production. Dans la première, l’auteur fait le point sur les différents plans, le travail sur le plateau, la résolution de problèmes (et soyons franc, tous les tournages rencontrent des problèmes, c’est la manière de les gérer et les solutions apportées qui sauveront le film… ou pas), l’improvisation, le traitement des rushs… La deuxième partie aborde le montage, le travail avec le monteur, les sons… Comme évoqué plus haut, vraiment tous les étapes sont au rendez-vous et cela donne une vision claire et précise du métier de réalisateur.

Enfin, le dernier chapitre est peut-être celui qui fait passer La mise en scène de très bon bouquin à petite perle : il propose un regard différent sur la réalisation, aborde les obstacles et contraintes en toute franchise et s’interroge sur le métier sans toujours y apporter des réponses claires, peut-être tout simplement car il existe parfois des zones d’ombres, et même différents métiers de réalisateurs selon le type de productions.

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realiser un film

Quelques extraits du livre

« Il est important de comprendre et d’accepter le fait que les scénaristes et les metteurs en scène voient le travail (le scénario, l’histoire) d’un point de vue très différent. Les outils du scénariste s’expriment par le langage. {…} Les outils du réalisateur sont plus interactifs et tridimensionnels. Le réalisateur développe des émotions et des relations à différents niveaux. »

« Au début, quand vous prenez un acteur pour un rôle, il y a une séparation totale entre cet acteur et le personnage. Il y a une grande distance entre eux. Au cours des répétitions, du développement et de la création, ils vont se rapprocher de plus en plus pour finalement arriver à une unité au moment de la scène. Même si les deux ont fusionné, il y a toujours un degré de séparation significatif. »

« Grâce à une mise en scène appropriée, une scène médiocre peut être nettement améliorée. Mais vous pouvez aussi lui escamoter toute nuance. Une bonne mise en scène fait rejaillir la dynamique émotionnelle de la scène. »

« Quand vous remontez une scène, il se peut que vous ayez le sentiment que certains moments ou certains temps forts ne sont pas nécessaires. Un argument est peut-être répété trop souvent. Le jeu d’un acteur ajoute peut-être une autre dimension, rendant une réplique superflue. Une pensée, une idée ou une phrase gêne peut-être le déroulement de la scène, ou est mieux exprimée dans une autre scène. En d’autres termes, quand vous retravaillez la scène, vous allez avoir envie de réécrire la scène, de couper le dialogue et de déplacer des répliques. C’est bon signe. »

« Cessez de diriger. Cessez de dire aux acteurs ce que vous voulez ou même ce que vous imaginez. Commencez à poser des questions. Soyez naïf. Soyez innocent. Soyez prêt à être surpris ou défié. Soyez ouvert à l’expérience humaine. Posez des questions auxquelles vous n’avez pas les réponses. »

En conclusion

Ce livre, vous l’avez compris, est une franche réussite et il ne fera pas tâche dans votre collection. Vous apprendrez plein de choses, mais vous découvrirez aussi et surtout une approche différente. Si vous envisagez de réaliser un court métrage, nous vous recommandons également notre article Ecrire un court métrage.

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Interview : présentation du festival Ciné Haïku

Aujourd’hui, je vais vous présenter un festival dont l’année 2017 marque la toute première édition : le festival Ciné haïku, qui est aussi un concours de court métrage, aux règles bien définies.

cine-haikuPrésentation du festival

Le festival annuel Cinéhaïku réunit l’ensemble des films primés chaque semaine dans une exposition éphémère, du 7 au 21 juillet 2017, à travers la ville de Gordes, dans le Luberon, en France.

Au travers d’une promenade esthétique, les Cinéhaïkus, retransmis sur des écrans, permettent au public de découvrir un instant de poésie suspendu dans le temps.

Si le festival ne démarre qu’en juillet, le concours a commencé fin janvier 2017. Les participants sont invités à proposer des films très courts, de moins de 30 secondes, inspirés par la tradition du haïku japonais. Qu’est ce qu’un haïku ?

« Le haïku est une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne. C’est une forme très concise, dix-sept syllabes en trois vers (5-7-5). » (source : Tempslibre.org)

Les réalisateurs souhaitant participer au concours sont invités à réaliser un film de trois séquences très courtes, avec une intention similaire à celle du haïku : « discret, d’un lyrisme silencieux. Il évoque les choses indirectement sans que ce soit symbolique. » Il ne transmet « pas de sentiment amoureux trop marqué. Pas de carpe diem. L’amour est l’inverse du haïku, l’amour oblige à parler de soi. Le haïku dit “je” mais pour se laisser oublier. Le “je” passe dans le corps. ».

Chaque semaine, un film sera sélectionné par le jury et son auteur remportera 500$. Lors du festival, tous les lauréats hebdomadaires seront diffusés dans le village de Gordes et le grand gagnant remportera la somme de 10 000$. Ci-dessous, vous pourrez découvrir l’interview de l’organisatrice ainsi qu’un aperçu du type de film qui peuvent être proposés au festival.

cine-haiku-festival

Interview de Clara, organisatrice de Ciné haïku

– Bonjour, Pouvez-vous nous présenter le festival Ciné Haïku?
Le festival Cinéhaiku rassemble à Gordes l’ensemble des films primés durant l’année. C’est une exposition itinérante dans l’un des plus beaux villages de France. Un parcours d’écrans Cinéha !iku vient créer la surprise dans le village à travers le village, comme une chasse au trésor dada.

– Pourquoi avoir créé ce festival ?
Le talent est contagieux, la poésie vitale, les films courts modernes… La beauté apaise, donne de l’espoir, réconcilie… La jeunesse nous donne de l’énergie, nous remet en cause, nous bouscule… Je crois que je ne me suis jamais remise de la lecture de « La préparation du roman » de Roland Barthes, un cours au collège de France dont le premier chapitre est consacré au haïku…
« Tout en larmes
Assis il raconte
Sa maman l’écoute » (Hasuo)
Le poème est tellement fort, qu’on visualise instantanément la scène. Mais justement, comment rendre cette force visuellement ? C’est de cette interrogation qu’est né l’idée du concours et du festival.

– Pourquoi le choix du Haïku ?
La poésie est une passion personnelle et dans cette passion, le haïku tient une place à part. C’est un foudroiement, raison pour laquelle la signalétique du site internet cinehaiku.com reprend ce symbole. Mais c’est un foudroiement dans la douceur : traditionnellement les haïkus ne sont ni violents, ni érotiques, ni revendicatifs. C’est un moment qui fait sens, sans aller jusqu’au symbole. Il évoque la nature, il renoue avec notre part la plus pure d’humanité. Je pense que nous avons tous besoins de ce lien, de cette gratuité dans les émotions débarrassées de trop d’intentions.
« Comme il est admirable
Celui qui ne pense pas « la vie est éphémère »
Quand il voit un éclair » (Basho)

– Chaque semaine, un film sera récompensé d’un prix de 500$, et cela pour plusieurs mois. Pourquoi avoir choisi cette formule ?
Nous nous adressons de manière privilégiée aux jeunes réalisateurs, et la forme du concours nous a semblé la plus indiquée. Il s’agit d’un petit exercice créatif, il aurait pu être gratuit.
« Tout le monde dort
Rien entre
La lune et moi ». (Seifugo)
Ca ne vous donne pas envie de créer un cinéhaïku ?

– Pouvez-vous présenter le Jury ?
Il est en cours de constitution, j’attends des réponses. Il rassemblera des personnalités internationales du design, comme India Mahdavi, de l’art contemporain comme Sylvie Fleury, de la poésie mais aussi évidemment du cinéma.

– Y a-t-il un mot d’ordre, une ligne directrice donnée au jury pour son choix des films ?
Liberté.

– Quels sont les projets futurs de l’association ?
Nous sommes concentré sur le projet de mener à bien cette première édition à Gordes. L’accueil de la ville a été fabuleux et nous sommes tombés amoureux de la région. C’est une grande fierté pour moi, toute mon énergie est dirigée vers le 7 juillet 2017…

Quelques exemples de films en trois séquences

Cinéastes amateurs en recherche d’opportunités, n’hésitez pas à consulter notre liste de festivals et concours de courts métrage en 2017

Festivals et concours de courts métrages en 2017

Lorsque l’on est réalisateur amateur ou débutant, il est parfois très dur de trouver des informations sur comment diffuser ses films. Chaque années, de nouvelles opportunités apparaissent. Voici une sélection de festivals de courts métrages de concours de scénarios se déroulant en 2017 et dont l’appel à candidature, pour la plupart, n’est pas encore terminé. A vos plumes !

Les festivals et concours de courts métrages

Ciné haïku

Une festival dédié aux très (très) courts (moins de 30 secondes) inspiré par une tradition japonaise ! La sélection a déjà commencé et se déroule sur plusieurs mois avant le festival à proprement dit. C’est le moment de vous mettre au boulot.

Dates de candidature : à partir du 15 janvier 2017
Dates du festival : du 07 au 21 juillet 2017
Site officiel

clermont-2017
Festival international du court métrage de Clermont

Il est trop tard pour y présenter un film, mais c’est la référence internationale du court métrage. Si vous pouvez vous rendre sur place, vous apprendrez énormément, que ce soit en voyant des centaines de films ou en développant votre réseau en rencontrant des producteurs et d’autres réalisateurs.

Dates du festival : 03 au 11 février 2017
Site officiel

Festival Coté Court

Plusieurs compétitions et sélections se partagent l’affiche, ce qui offre une variété de films très intéressante. En plus des prix attribués durant le festival, chaque film sélectionné en Compétition ou Panorama se voit accordé une prime de 54€ HT

Dates de candidature : jusqu’au 28 février
Dates du festival : 07 au 17 juin 2017
Site officiel

Festival Ptit Clap

Festival réservé aux réalisateurs ayant entre 15 et 25 ans et aux films de court-métrage de moins de 15 minutes. Si les films d’animation sont exclus, aucun thème particulier n’est imposé aux films.

Dates de candidature : Jusqu’au 31 mars 2017
Dates du festival : 3 juin 2017
Site officiel

SeriefestivalfilmcourtpleinairFestival du Film Court en plein air de Grenoble

Pas d’infos pour le moment sur la nouvelle édition de ce festival très apprécié du public grenoblois, mais cela devrait vite changer.

Dates de candidature : non communiquées
Dates du festival : du 4 au 8 juillet 2017
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Concours Maison du film Court

La Maison du Film Court organise un concours de films courts qui a pour thème « La femme de 50 ans dans les fictions courtes ». 10 projets seront soutenus, afin d’établir une collection de films, et plus particulièrement 3 lauréats bénéficieront d’un accompagnement particulier, à la fois logistique et financier.

Candidatures / appel à projets : Fin juin à fin septembre 2017
Site officiel

Off-courts Trouville

Pas encore de dates officielles, mais cet autre festival international très réputé se déroule chaque année en septembre. Des films français et internationaux, professionnels et amateurs, sont sélectionnés, diffusés et primés chaque année.

Site officiel

Les concours de scénarios

Voici quelques concours de scénarios. Souvent, certains thèmes sont imposés, mais ce n’est pas toujours le cas. Pour mener à bien votre tâche, découvrez notre méthodologie pour écrire un court métrage.

Festival-International-des-scénaristes-Valence-765x510Festival International des scénaristes de Valence

Comme pour Clermont, il n’est plus possible d’envoyer sa candidature, mais vous pouvez toujours demander une accréditation pour participer à l’évènement et rencontrer de nombreux professionnels.

Dates du Festival : du 29 mars au 1er avril
Site officiel

Le moulin d’Andé

Comme chaque année, le Moulin d’Andé lance son concours de scénario de court métrage. Les lauréats bénéficieront d’un stage de réécriture, puis un second jury désignera un premier prix doté de 5000 € pour l’auteur et de 25000 € pour la production du court-métrage, et un second prix d’un montant de 2000 € alloué à l’auteur.

Candidature : Jusqu’au 24 février
Site officiel

Vous trouverez de nombreux autres appels à projets sur le site la maison du film court, la page étant régulièrement mise à jour.

livre Les clés d’un scénario réussi : notre avis

ecrire sur ordinateur

livre sur le scenarioMême si ce n’est pas clairement indiqué dans le titre mais en sous titre, ce livre ne s’adresse pas qu’aux scénariste de fiction, mais aussi à ceux qui pourraient écrire des documentaires ou dans le cadre de spots publicitaires. Pour ceux qui seraient intéressé par l’écriture d’un court métrage plus spécifiquement, nous avons un article dédié sur le sujet ici.

De quoi ça parle ?

Destiné aux scénaristes en activité ou en apprentissage, cet ouvrage détaille comment réaliser un scénario efficace pour la fiction TV ou Cinéma (long-métrage), mais aussi pour le documentaire ou le film publicitaire.

Grâce à son approche méthodique, il aidera les scénaristes à adopter les bonnes techniques et à savoir vendre leur travail. Il aborde, en effet, point par point, les différentes étapes clés de la rédaction d’un scénario, de l’idée initiale jusqu’à la présentation du texte final au producteur, en passant par la recherche de documentation, le travail des personnages ou le développement de l’intrigue

Scénarios pour la fiction, la pub, le documentaire…

Le livre est plutôt court, 117 pages seulement pour aborder le scénario, de l’idée à la rédaction, C’est court. Surtout avec l’ambition d’aborder à la fois le scénario pour le cinéma, les séries TV, la publicité, le documentaire et le film institutionnel (ou « corporate »).

Forcément, le contenu s’en retrouve, d’une certaine manière, abordé superficiellement. Les auteurs ne vont pas forcément au fond des choses. Ils font par exemple référence à l’antiquité comme origine de la structure du scénario en introduction, mais ne rentrent jamais vraiment dans le sujet. En même temps, cela ne semble pas le but, à avec autant de médias et de types de scénarios à aborder, cela semble au final plutôt judicieux. « Les clés d’un scénario efficace » va à l’essentiel et se veut efficace.

En ce sens, le livre est plutôt réussi. La théorie est abordée, mais toujours de manière succincte, sans alourdir le contenu et complexifier. Surtout, cette théorie est toujours mise en parallèle avec des cas concrets, que ce soit ces films de fiction célèbres (L’exorciste ; Blade Runner…), des documentaires (Apocalyspe, la seconde guerre mondiale ; Super Size Me…), des films publicitaires…. Grâce à ces exemples, nous avons une vision plus précise et claire de ce que sont les notions abordées et de la façon de les aborder en fonction du type de film à réaliser. Le livre est divisé en trois grandes parties : La fiction, le documentaire, et la publicité. S’il est toujours intéressant d’enrichir ses connaissances en lisant toutes les parties, ce n’est pas forcément nécessaire. Si vous êtes uniquement intéressés par le film publicitaire, vous pouvez commencer directement par là, et vous ne serez pas perdus. En se sens, le livre est un outil réussi pour répondre à des problématiques précises.

En conclusion, c’est un livre parfaitement adapté aux personnes ayant une connaissance limitée de l’écriture du scénario et se retrouvant confrontés à cette problématique dans le cadre de leur travail. Que ce soit pour écrire vous-même un scénario ou pour comprendre la structure de celui qu’on vous présente, vous aurez les clés pour avancer dans cette démarche créative essentielle à la conception d’un film réussi. Si vous savez déjà que vous voulez vous tourner uniquement vers la rédaction de scénarios de courts ou longs métrages de fiction, vous pouvez peut-être vous orienter dès maintenant vers des livres dédiés à ce sujet.

ecrire un scenario

Quelques extraits

« Le scénario. Une vulgaire pile de feuilles noircies. Des mots et des phrases grossièrement construites, dénuées de nuances et de relief, qui racontent une histoire. Pauvre en détails descriptifs, dépourvu de sentiments, privé d’envolées lyriques propices à l’émotion, cet outil demeure un document technique générateur d’argent. »

« Le personnage impose au scénariste réflexion et organisation. Le fait de développer ses forces et faiblesses, de le mettre en action, de le faire s’exprimer et de le confronter à ses alliés et adversaires risque de vous éloigner de votre idée de départ le concernant. Gardez le cap sur sa quête donc, ainsi que sur l’ensemble des évènements qui vous y mèneront. »

« La question de la nécessité ou non d’un scénario en documentaire s’impose. Alors qu’il serait naturel de penser que le documentaire « classique » ou docufiction admet une étape franche de scénarisation, celui dit « vérité-direct » ne le devrait pas. »

« Le premier moment fort d’une production commerciale se déroule très souvent autour d’une table où scénariste, producteur et client se réunissent. A vous d’immédiatement comprendre la motivation de votre client. {…} Ainsi donc la priorité du scénariste publicitaire doit se placer dans les rencontres et échanges avec ses supérieurs et collaborateurs, avant le travail d’écriture en tant que tel. »

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Faire un stage d’Assistant réalisateur

Que vous vouliez devenir réalisateur, vous orienter vers la direction de production ou exercer d’autres fonctions dans le milieu du cinéma, il y a de grandes chances que vous deviez passer par la case stage, même en ayant un réseau. Le réseau vous aidera peut-être à décrocher un stage plus intéressant, mais il ne vous permettra pas de réaliser votre premier long métrage à 18 ans. Nous avons déjà consacré un article au livre l’assistant réalisateur, très réussi sur le sujet et idéal pour en savoir plus sur le métier. En attendant, vous pouvez déjà en apprendre un peu plus avec cet article.

Les missions du stagiaire Assistant réalisateur sur le tournage

Avant toute chose, il faut bien avoir conscience que le stagiaire a un vrai rôle à jouer. SI jamais vous avez la chance de décrocher votre premier stage sur le tournage, sachez de suite que vous ne serez pas là pour regarder les autres faire. Vous devez apprendre, mais cela passera surtout par l’action.

stagiaire pour un film

Plus vite vous serez autonome et plus vite vous vous verrez confier des missions variées. L’assistant réalisateur est très pris et surtout les sources de stress sont nombreuses. S’il saura faire preuve de retenue face au réalisateur ou au producteur, ce sera peut-être moins le cas avec le stagiaire qui le ralentit. Surtout, vous aurez plus de chances que l’on fasse appel à vous par la suite pour un autre stage ou même un premier contrat si vous avez fait preuve d’initiative avec succès.

Sur la plupart des tournages, l’une des missions principales du Stagiaire Assistant Réalisateur sera de s’occuper des comédiens. Il devra s’assurer qu’ils sont à l’heure sur le plateau (parfois en assurant lui-même le transport), et une fois sur place, il s’occupera de répondre à leurs diverses demandes tout en veillant à qu’ils soient prêts pour le tournage de leurs séquences le moment venu.

Stage d’Assistant réalisateur, l’avis d’Alice

Tu veux devenir Assistant réalisateur, pourquoi le choix de ce métier ?

Je veux devenir assistante parce que c’est une métier qui allie côté artistique (conseils au réalisateur notamment sur les acteurs à prendre) et organisation (c’est lui qui fait le planning, organise la journée de travail sur place…)

Tu as participé à un stage sur un tournage, peux-tu nous en dire plus sur tes missions au quotidien ?
Mes missions en tant que stagiaire : Amener les comédiens sur scène, distribuer tous les planning (celui de la veille pour le lendemain), envoi de mails au comédiens, blocage de rues, direction de figurants (quand est-ce qu’il doivent entre en scène, et beaucoup de « police » : faire le respect du silence). Il y a aussi beaucoup de moments où tu dois apaiser les tensions entre les différentes équipes et tes supérieurs (les assistants réa sont assez sollicités pour ça)

Envisages-tu de faire des stages dans d’autres métiers ? Pourquoi ?
J’aimerais faire des stages de chef opérateur, mais…ce n’est pas possible, parce que c’est un métier qui n’a pas de stagiaire, on y accède après avoir été le premier d’une quitté (1er à la caméra, à l’Electro…). Après le réalisateur, le chef opérateur est le chef des chefs, c’est lui qui chaperonne toute la technique : lumière, filtre, etc… (il est aussi très bien payé et paye une tournée générale à la fin). Mais c’est un métier beaucoup plus difficile à accéder

Comment trouver un stage d’assistant réalisateur ?

Si vous étudiez dans une école de cinéma (ce que l’on vous recommande fortement), exploitez son réseau. Explorez l’annuaire des anciens, des réseaux professionnels comme Linkedin. Vous pouvez également contacter les sociétés de production à l’approche de tournages.

Ecrire un scénario de film de court métrage

ecrire un scenario

Ecrire un scénario est un travail complexe, qui nécessite de s’appuyer sur une méthode. Avoir une idée est une chose, mais savoir l’exploiter de façon pertinente, en respectant les règles de base de l’écriture dramatique, et de l’écriture pour le cinéma en particulier, en est une autre. Enfin, si écrire un scénario de court métrage et un scénario de longs métrage sont deux démarches avec des similarités, elles sont aussi très différentes sur de nombreux aspects. Si vous vous appuyez uniquement sur des conseils de rédaction de scénario adaptés à d’autres formats, vous avez toutes les chances de rater votre script, et plus tard, votre film.

Cet article vous aidera à écrire votre scenario de court métrage. Il est à la fois destiné aux scénaristes dont c’est la première tentative qu’aux scénaristes ayant déjà écrit d’autres scénarios : c’est toujours positif de se remettre en cause et d’aller chercher des conseils et des méthodes pour améliorer son travail.

La démarche d’écriture du court métrage

Avant toute chose, qu’est ce qu’un court métrage ? Selon le Centre National de la Cinématographie, tout film d’une durée maximum de 59 minutes. Toutefois, il est plus communément considéré qu’un film d’une durée comprise entre 30 et 59 minutes est un moyen métrage. L’écriture d’un film de ce format devra donc plutôt se baser sur la méthode d’écriture d’un long métrage, avec certains ajustements. Un film de moins de trois minutes sera considéré comme un très court métrage. La méthode sera la même que pour toute autre œuvre inférieure à 30 minutes. La démarche présentée ci-dessous s’applique donc aux œuvres dont la vocation est de durer entre quelques secondes et 30 minutes.

ecrire sur ordinateur

Il y a donc plusieurs étapes à respecter pour optimiser l’écriture de votre scénario et mettre toutes les chances de votre côté. Nous allons vous présenter ces différentes étapes et vous donner quelques conseils à chaque fois, afin que vous ne soyez pas perdu. Même si nous tentons d’être le plus complets possible avec ce guide, nous ne prétendons pas non plus être exhaustifs, et encore moins détenir la solution miracle. Nous vous encourageons vivement à explorer d’autres sites internet, à lire des livres sur l’écriture de scénario, et voir d’autres courts métrages bien sûr… Bref, passons aux choses sérieuses. Quelles sont donc ces fameuses étapes pour écrire un scénario de film court ?

Trouver l’idée de votre court métrage

Commencer directement par la continuité dialoguée est le meilleur moyen de flinguer votre film avant même d’avoir commencé à le tourner. Il vous faut d’abord réfléchir au sujet de votre film, définir précisément votre idée et le meilleur moyen pour cela est de la coucher sur papier.

Quelle est l’idée de votre film ? Résumer votre idée en une phrase est l’idéal. Ne dépasser pas les trois phrases. Ci cela vous paraît compliqué, commencez par plusieurs phrases et reformulez, coupez.

Votre idée peut être inspirée par plein de chose : un fait divers, une situation vécue personnellement ou par un proche, une anecdote. Vous ne savez pas quelle est votre idée ? alors il y a un problème et vous feriez bien de réfléchir à votre démarche. Etes-vous sur que vous avez vraiment quelque-chose à raconter avec ce scénario que vous voulez écrire ?

Si vous avez un message à faire passer, vous pouvez partir de là pour définir votre idée. Si vous n’en avez pas ce n’est pas grave, un court métrage peut partir d’une idée très simple, sans forcément avoir de message, mais doit quand même raconter quelque chose, contenir un élément déclencheur, une résolution… Idéalement, votre idée doit mentionner l’élément déclencheur.

Si le genre de votre film (Comédie, Thriller…) ne semble pas évident à la lecture de votre idée, c’est tout à fait normal, car chaque idée peut être exploitée de nombreuses manières différentes. Vous pourrez donner plus d’indications sur le genre lors des étapes suivantes, la rédaction du synopsis et de la note d’intention.

Un exemple d’idée

« Un réalisateur tente de convaincre un producteur de la qualité de son idée. Il est interrompu par l’assistante de celui-ci en plein argumentaire. »

Ces deux phrases nous donnent à la fois une exposition et un élément déclencheur, mais pas le dénouement. A partir de cette idée, on peut aussi bien réaliser une comédie qu’un drame. Une fois que vous avez posé votre idée sur papier, vous pouvez passer aux étapes suivantes.

Page suivante : Synopsis et note d’intention

Livre L’Assistant réalisateur : notre avis

livre Assistant realisateurL’Assistant réalisateur est un livre écrit par Jean-Philippe BLIME, et publié par L’éditeur DIXIT. L’auteur a travaillé durant plus de 20 ans sur les plateaux de tournages de films, dont 15 comme Assistant Réalisateur. Il est également l’un des membres fondateurs de l’Association Française des Assistants Réalisateurs (AFAR).

Introduction du livre

« Le cinéma est un art envoûtant et dangereux. Envoûtant puisqu’il attire à lui toutes les populations, les générations, les nationalités… Dangereux justement parce qu’il est envoûtant. Sous son influence, combien d’hommes d’affaires redoutables se sont-ils transformés en de fragiles apprentis ? Combien de gens sérieux se sont-ils changés en pitres ? Le cinéma fait perdre la raison. Mais la cause est bonne : on se souvient toute sa vie de l’heure et demie passée devant un bon film. {…} Certains de ces artisans travaillent dans la lumière, alors que pour d’autres, l’ombre convient mieux. C’est là, dans l’ombre, que l’on trouve l’assistant réalisateur… »

L’Assistant DU réalisateur ?

Le livre est plutôt complet. L’auteur explique le métier et ses contraintes sans rester dans la théorie pure. Il n’hésite pas à faire appel à son expérience personnelle d’assistant réalisateur sur de nombreux tournages en partageant de nombreuses anecdotes.

Il présente le métier d’Assistant Réalisateur comme un rôle clé pour le réalisateur, puisqu’il délaisse celui-ci de nombreuses tâches, mais aussi pour la majorité des personnes concernées par la création d’un film qui auront souvent à interagir avec lui, pour justement éviter de surcharger le réalisateur d’information et problèmes « secondaires ».

Selon Jean-Philippe BLIME, la fonction principale « d’assistant réalisateur est l’organisation du tournage d’un film. Cette organisation comprend deux phases distinctes : la préparation et le tournage. » D’une certaine manière, l’assistant réalisateur a plus de responsabilités sur le plateau que le réalisateur lui-même, en s’occupant de nombreux aspects du tournage, là ou le réalisateur doit pouvoir se focaliser sur la mise en scène et le travail avec les principaux acteurs sur leur interprétation lors des différentes séquences à tourner.

L’auteur insiste beaucoup sur le fait que le métier est celui d’Assistant réalisateur, et pas assistant DU réalisateur. L’assistant réalisateur ne rend pas de compte qu’au réalisateur mais aussi (et surtout ?) à la production, qui veut s’assurer que tout est en place sur le tournage et ne veut pas prendre de retard. Il rappelle également qu’il y a généralement plusieurs assistants réalisateurs. « La répartition du travail entre le premier assistant et son second est assez bien définie : on a compris que le premier assistant « colle » au plateau et au réalisateur. Le second est proche des comédiens, il fait avec la navette entre les loges et le plateau ». Ils sont souvent épaulés d’un stagiaire, venu apprendre le métier, qui les délaisse de certaines tâches tout au long de la journée.

L’assistant du réalisateur et ses interactions avec les autres métiers

En plus des missions spécifiques au métier d’Assistant réalisateur, l’auteur s’intéresse à différents métiers, de la pré-production à la post-production en passant par l’étape clé du tournage. Les métiers de régisseur, décorateur ou directeur de la production sont ainsi abordés tour à tour, pour comprendre leur rôle dans le processus de création du film et surtout leur rapport, leur relation avec l’assistant réalisateur.

Dans la deuxième partie de l’ouvrage, l’auteur s’intéresse plus concrètement aux différents documents qu’un Assistant réalisateur doit comprendre et utiliser pour appréhender les différentes facettes de son métier et être opérationnel sur le tournage. Sont évoqués tour à tour le scénario, le dépouillement, la continuité, la liste des séquences par décor, la liste artistique, la liste des silhouettes et figurants, le plan de travail et la feuille de service. Pour chacun de ces documents, des exemples sont intégrés afin de savoir à quoi ils ressemblent et les principaux enjeux et contraintes sont abordés. C’est une partie plus laborieuse mais nécessaire, car ces documents seront essentiels au quotidien de l’assistant réalisateur.

Comment devenir assistant réalisateur ?

En fin de livre, on retrouve diverses parties dont une consacrée aux différents moyens de se former au métier et notamment aux formations et écoles de cinéma, un exemple de la journée type de l’assistant réalisateur et un lexique.

Au final, c’est un livre vraiment plaisant à lire. L’auteur aborde son métier sans prise de tête, avec beaucoup d’humour et de nombreux croquis pour illustrer le propos.

Ce livre de 176 pages est vendu 15€. Commander le livre

Alaska – Interview de Claudio Cupellini et Elio Germano

alaska

Alaska de Claudio Cupellini

Note : 3/5 – Une histoire d’amour désenchantée par une dure réalité sociale

Synopsis

Fausto est italien et vit à Paris. Il essaie de joindre les deux bouts en travaillant en tant que serveur dans un grand hôtel. C’est sur un toit de Paris qu’il rencontre Nadine, 20 ans, en pleine séance photo pour des sous-vêtements. Ils sont seuls, fragiles, et obsédés par une idée du bonheur qui semble inatteignable. C’est ainsi qu’ils se reconnaissent dans l’autre. Ils vont s’aimer, se perdre, souffrir et tenter d’atteindre ensemble ce bonheur impossible.

C’est ce 27 janvier 2016 que je suis rendue dans les studios de Bellissima pour cette rencontre exclusive avec le réalisateur, Claudio Cupellini, et l’acteur, Elio Germano.

Interview de Claudio Cupellini et Elio Germano

 

  • Qu’est ce qui vous a inspiré pour écrire ce film ?

Claudio: J’avais envie d’écrire cette histoire d’amour dont les influences cinématographiques et littéraires sont différentes de ce que j’ai l’habitude de faire. Pour moi, il s’agissait d’un retour aux sources du cinéma, à savoir le cinéma de François Truffaud, qui m’a toujours plu et influencé mais aussi le livre de Fitzgerald, Gatsby le Magnifique, mélangé bien sûr à du vécu. Il y a eu beaucoup d’échanges autour des personnages, pendant longtemps.

 

  • Comment percevez-vous cette histoire d’amour indissociable de la thématique sociale finalement ?

alaska_Elio_Germano_2Claudio: Je pense que les deux choses vont ensemble. Il y a une déduction qui amène à ce désir d’avoir toujours plus que l’on peut critiquer, bien qu’il s’agisse d’erreurs humaines finalement. L’idée, c’était de voir comment le succès allait amener des changements dans le rapport entre Fausto et Nadine. C’est à dire, de chercher quelle était la part de cette recherche de succès, et quelle était la part d’un sentiment plus pure, plus cristallin. C’est l’histoire de deux jeunes un peu paumés, qui n’ont rien, pas de famille, et qui cherche désespérément un endroit où trouver une harmonie. Ils le cherchent avec sincérité, du moins dans le cas de Fausto qui se dit que s’il ne peut pas avoir l’amour de Nadine, il peut au moins accomplir une forme de succès personnel. Il fera tout ce parcours, mais se rendra vite compte qu’il cherche en parallèle autre chose. Donc, c’est vraiment cette recherche du « toujours plus » qui accompagne les personnages, fomentée par les choix qu’ils font.

 

  • Avez-vous tourné dans de vraies prisons ? Est-ce facile d’obtenir ces autorisations ?

Claudio: Nous avons effectivement tourné dans de vraies prisons, cela n’a pas été facile d’obtenir ce genre de permis. Il a été difficile d’y entrer, mais parfois même d’en sortir, ayant sympathisé avec beaucoup de gens de la prison (rires). Nous avons tourné dans une prison italienne et le plus gros travail fut un travail de scénographie pour la rendre conforme à l’image d’une prison française.

Elio: Oui, et c’est toujours intéressant pour un acteur de tourner dans un lieu authentique comme celui-là. Je connaissais déjà le milieu carcéral, ayant travaillé là-bas en Italie, donc je savais comment cela marchait.

 

  • Quels ont été vos rapports avec les prisonniers pour vous imprégner dans votre rôle ?

alaskaElio: D’abord, il faut savoir que les personnes qui sont dans les prisons sont enfermées dans une bulle. Lorsque tu rencontres une femme et que tu l’attends- certaines personnes tiennent uniquement grâce à cette espérance- le temps s’arrête littéralement. Je pense que la psychologie de celui qui rentre en prison est aussi importante que celui qui en sort. Ce sont, à l’origine, des personnes recluses, exclues de la société. Fausto est un immigré italien, qui essaie de s’intégrer et Nadine, est également seule car elle n’a personne à qui se fier. Ces personnes sont donc en conflit permanent avec la société. Et la prison, ce serait une métaphore de cette guerre sociétale. Paradoxalement, la prison est aussi un lieu d’intégration plus facile pour des personnes comme Fausto et Nadine, parce que justement ils ne se retrouvent plus seuls. Ils sont entourés de personnes qui les comprennent et peuvent plus facilement faire confiance dans cette misère qui les lie. C’est d’ailleurs ce qu’expriment les rapports avec Roschdy Zem.

 

  • Comment votre choix s’est-il tourné vers Roschdy et Astrid ?

alaska_Claudio_CupelliniClaudio: Je suis venu plusieurs fois en France car j’organisais des castings pour le rôle de Nadine. Je trouvais des actrices qui me plaisait beaucoup sur le moment et finalement j’étais tout le temps un peu insatisfait. Je l’avais vu dans I Origins, et le moment de la recherche du rôle était un peu un moment schizophrénique pour moi car j’étais en plein tournage de ma série Gomorra. J’avais besoin d’une actrice assez forte pour tenir tête au personnage interprété par Elio car ce sont deux personnages que j’imaginais assez sauvages, sans éducation, capables de commettre des erreurs. Astrid est arrivée la dernière, mais elle et Elio se sont vite rendus compte qu’ils correspondaient mutuellement aux personnages.

Et un jour, en venant dans une maison d’édition, je tombe sur une affiche de Roschdy Zem et je me suis dit qu’il ferait un Benoît parfait. C’est alors que le producteur m’a annoncé qu’il était plus apte à interpréter un rôle principal ou rien. Je me suis dit que j’allais tout de même passer un coup de téléphone, et Roschdy a accepté très volontiers car, bien qu’il s’agisse d’un personnage secondaire, le rôle tenait une certaine complexité qui pouvait être intéressante à interpréter.

Elio: Avec Astrid, nous avions travaillé en amont du tournage pendant deux mois, car nous devions respectivement apprendre le français et l’italien.

Claudio : Oui et ce travail qu’ils ont effectué m’a beaucoup aidé car quand je suis revenu de Milan, ils avaient déjà créée des personnages riches et avancés, qui ont eux-même enrichi mon point de vue sur l’histoire.

 

  • L’histoire d’amour semble fonctionner seulement lorsqu’il y a un déséquilibre ? Pensez-vous que les personnages auraient pu être ensemble si leur histoire n’était pas si chaotique ?

Claudio: Il y a d’ailleurs cette didascalie dans le film, « les choses vont bien parce qu’elles vont mal » qui est un moment important du récit. Effectivement, ce sont des personnage qui vivent dans un déséquilibre continu. Ils ont un processus de maturation qui les amène à avoir des rôles inversés. Or, cette sérénité ils la trouvent à la fin du film et bien que Nadine soit en prison, ils trouvent, par ce biais, cette sérénité qu’ils cherchaient ensemble.

 

  • Peut-on dire que Nadine et Fausto n’existent qu’à travers l’argent ?

alaska_Elio_GermanoElio : Ce sont seulement deux personnes qui essaient d’être heureux. C’est ça leur motto finalement, avant d’être celui de l’argent. Leur manière de montrer qu’ils s’aiment se fait à travers l’argent, c’est vrai, car ils ont grandi en pensant que c’était ça la réussite et le bonheur. Ils parlent souvent de devenir « quelqu’un », comme si le fait d’être soi-même ne leur convenait pas. Ils cherchent donc cette commodité financière mais aussi leur identité en fait. Fausto et Nadine sont habitués à ce que tout aille mal pour eux. Et Fausto se demande même s’il ne faut pas adopter une certaine attitude qui serait complémentaire avec le fait d’être riche. C’est la raison pour laquelle, il devient froid, calculateur, agressif à des moments du film. Seulement, il y a un sentiment qui vient contrecarrer ce désir de devenir un gagnant et le film raconte cette dualité constante: celle de choisir de détruire sa carrière ou leur amour.

Claudio: Et puis c’est vrai que de nos jours, nous vivons dans une sorte de chantage continu de l’argent. Il y aura toujours cette préoccupation économique quelques soient les ambitions de chacun. Et bien que cela ait existé à d’autres époques, cela est particulièrement présent aujourd’hui. Ces personnages peuvent sembler passifs mais ils sont toujours à contre-courant et leur agressivité s’exprime dans la capacité à faire du mal, et par du cynisme aussi. Il ne s’agit pas forcement d’une violence physique mais d’une violence psychologique. Ils sont très cruels l’un envers l’autre. Par exemple, lorsque Nadine revient et dit a Fausto qu’elle a «baisé avec un autre», elle insulte clairement la seule chose de beau qui leur appartenait. De même lorsque Fausto la voit revenir dans la discothèque, il se violente lui-même. C’est-à-dire qu’il adopte cette froideur qui lui permet de se protéger mais qui, en même temps, violente ses propres sentiments. De plus, c’est quelqu’un qui ne réussit pas à se décider.

 

  • Il y a aujourd’hui une très grande esthétisation du cinéma moderne Italien, et vous-même avez fait très attention à travailler les cadrages, la lumière, la musique…

Claudio: Concernant la musique, j’ai choisi un musicien qui ne travaille pas du tout dans le milieu de la musique électronique mais dans l’industrie du rock, donc il ne s’agissait pas pour moi, de «décorer» le récit de cette manière. Je voulais que la musique dégage quelque chose d’agressif qui puisse correspondre aux personnages. La musique doit aussi être au service du récit selon moi.

 

  • Qu’est ce qui vous a plu dans la complexité de ces personnage ?

Elio: Ce qui est intéressant dans le rôle de Fausto, c’est qu’il s’agit d’un personnage constamment tiraillé. Il doit toujours faire des choix entre ce qu’il doit faire pour faire avancer sa carrière et ce qu’il veut faire. Et c’est ce tiraillement qui m’a touché. Il faut toujours prendre une décision dans la vie, et c’est ce que le film raconte.

 

  • Comment s’est fait le choix du titre, Alaska ?

Claudio: Je voulais éviter les clichés de titre romantique. Alors, oui l’Alaska est un état des États-Unis, mais c’est également l’état de la ruée vers l’or, d’une aventure extrême, d’un territoire froid et hostile. Tous ces sentiments sont ressentis par les personnages.

Masterclass Sin City 2 : Robert Rodriguez et Frank Miller

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 Frank Miller est un scénariste et dessinateur de comics. Il a créé l’univers de Sin City et le porte à l’écran avec Robert Rodriguez.

Robert Rodriguez est un réalisateur américain (Desperado, Planète Terreur, Machete) passionné de comics qui co-réalise Sin City 2.

Masterclass du 11 septembre 2014 – Paris

Frank Miller, il y a 25 ans vous avez travaillé dans le milieu de la bande dessinée mainstream chez Marvel et DC Comics. Puis, vous avez décidé de créer vos propres univers, vos héros plus personnels. Quel était votre état d’esprit à l’époque par rapport à la bande dessinée et son adaptation possible ?

Frank Miller : L’histoire est assez simple, j’ai travaillé en tant que scénariste pour Hollywood et cela ne s’est pas très bien passé. Du coup, j’ai en effet décidé de faire mes propres comics.

Etant enfant, je lisais des comics tout le temps. Puis, à 12 ans, j’ai découvert les filles et d’autres choses… J’ai décidé que les histoires de crimes étaient ce que j’aimais vraiment.

J’ai déménagé à New York à l’âge de 17 ans dans l’espoir de percer dans le milieu des comics. Mais les éditeurs m’ont vite signifiés qu’ils ne publieraient pas un gars sur la base de seuls scripts… Puis le temps a passé, je me suis concentré sur l’univers de mes comics.

J’ai pu faire ce qui m’a plu, me focaliser sur mes histoires, mes personnages. Mon univers était peuplé de belles femmes, de gars costauds en trench-coat…

J’ai commencé Sin City comme LE comic book qui ne serait jamais adapté au cinéma ! Et je suis très sérieux sur ce point !

Puis un jour, Robert Rodriguez m’a appelé et m’a dit qu’il savait comment faire de Sin City un film.

Il m’a vendu l’idée, m’a tenté, et finalement j’ai accepté !

 

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Pendant très longtemps, il paraissait peu plausible de voir Spider-Man ou Superman voler entre les immeubles dans un beau costume. Mais désormais, la technique permet cette adaptation. Quelle est votre sentiment par rapport à ces possibilités nouvelles de la réalisation technique ? Comment avez-vous appréhendé le comic book Sin City ?

Robert Rodriguez : J’ai débuté en tant que cartooniste (ndla : dessinateur de BD) et j’étais déjà un grand fan de Sin City, de son style. Frank Miller est l’un des rares qui dessine et écrit ses scénarios, qui a une vision globale de son univers. J’achetais avec frénésie les comics, les hors-séries, les romans graphiques de Sin City dès leur sortie ! Puis, en rentrant chez moi, je constatais avoir déjà ces copies en double voire en triple…

J’ai donc décidé qu’il fallait que j’en fasse un film pour justifier tout l’argent que j’avais dépensé dans ces livres ! *RIRES* Connaissant les personnages, la profondeur de l’histoire, je savais que si Hollywood se lançait dans le projet, ils ruineraient Sin City car ils ne reproduiraient pas l’aspect visuel fort de cette œuvre. Ils auraient pris l’histoire et l’auraient transformée en un film classique en ratant la moitié du concept de Sin City.

J’ai réalisé les possibilités de la technique lorsque j’ai tourné Spy Kids 3 sur fond vert. Je me suis rendu compte que le futur de la réalisation des films dont parlaient Georges Lucas et Francis Ford Coppola était sous mes yeux. Sin City pouvait devenir un film, tout en respectant les codes du comics, son aspect graphique marqué et le porter fidèlement à l’écran.

Nous avons fait l’inverse de la production classique : nous avons pensé un comic à l’écran et non transformé un comic en film. Je ne voulais pas faire de Sin City un film mais plutôt apporter du mouvement à son œuvre. Que l’on puisse dire au cinéma : c’est Sin City de Frank Miller et pas Sin City de Robert Rodriguez.

Pour lancer le projet, j’ai réalisé un test en studio, puis l’ai présenté à Frank Miller car je ne pensais pas pouvoir réussir. Frank s’est enthousiasmé pendant 2 minutes puis a pensé à tous les aspects négatifs que sont le scripting, l’envoi à un studio, les droits, les contrats…

J’ai pu le convaincre en proposant de s’affranchir de ces contraintes en utilisant mon propre studio, en rédigeant le script ensemble, en réalisant une scène d’ouverture gratuitement ! J’ai apporté une garantie personnelle d’implication car je croyais au projet ! A cette nouvelle manière de penser les films… Du coup, nous nous sommes tellement amusés que nous avons continué à filmer les scènes ensemble, en co-réalisation !

Frank Miller : Lorsque Robert dit qu’il était un cartooniste, je le reprends toujours en disant qu’il est TOUJOURS un cartooniste et qu’il a fait évoluer la manière d’aborder les comics au cinéma. Il est un magicien de la technique.

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Quelle est votre approche narrative pour parvenir à retranscrire scène après scène et non pas page après page l’ensemble de l’histoire de Sin City en film ? Est-ce facile ou difficile d’adapter fidèlement un comic book aussi particulier dans le style ?

Frank Miller : Je cite robert : « Si c’est une sculpture, un comic book, un film, c’est la même chose ! C’est raconter une histoire qui compte. ».

En l’occurrence, ce sont les acteurs qui ont fait un grand travail. Ils travaillent dur, sont dévoués, et s’imprègnent fortement de leurs personnages. Dieu bénisse les acteurs. Ils amplifient et donnent de la profondeur à mes personnages.

Robert Rodriguez : Sin City est tellement riche ! La partie la plus difficile est de condenser cette œuvre. Je me suis plongé dans les livres pour intégrer totalement les dialogues, toutes les descriptions, afin d’en sortir un condensé le plus fidèle possible. Les choix de laisser de côté ou intégrer certains passages ont été difficiles car nous voulions tout garder.

Certaines scènes sont extrêmement fidèles, notamment la scène de la piscine qui est de l’ordre du plan pour plan.

C’est ce que Hollywood ne fait pas : ils ne voient pas quelque chose qu’ils aiment et l’adaptent fidèlement. Ils se sentent obligés de tout changer. Cela ne rend pas le résultat meilleur mais juste différent, si ce n’est pas mauvais.

Lorsque j’ai travaillé sur le premier Sin City, je n’ai rien inventé, je me suis seulement penché sur l’édition, le montage, la réalisation. Toute la richesse de Sin City était déjà dans le livre, je n’ai rien voulu bouger, c’était déjà tellement parfait.

 

cin_city_hell_and_back_coverPensez-vous réaliser un Sin City 3 ? Sur la base de quel opus des nombreuses histoires du comic ?

Robert Rodriguez : Si le public va voir Sin City 2 et soutient le film, nous serions heureux d’en faire un troisième ! L’histoire de Sin City est très très riche ! Il y a encore beaucoup à exploiter. Je pense notamment à Sin City : L’Enfer en retour (Hell and Back).

Frank Miller : Oui, nous adorerions en faire un troisième ! Nous sommes impatients ! J’ai des idées pour Marv et Nancy Callahan en particulier que j’adorerai partager avec vous dans Sin City 3.

 

Pourquoi le projet Sin City 2 a mis autant de temps, 9 ans, pour sortir ?

Robert Rodriguez : Les films ont tous une temporalité bien à eux…quoique vous fassiez. Le premier Sin City a été fait plus vite qu’aucun film de Hollywood. Je me suis penché dessus en novembre, j’ai travaillé sur le script en décembre et nous tournions déjà en janvier. Aucun film n’a jamais été aussi vite surtout car nous n’avions pas besoin de plateau mais uniquement de fonds verts !

Pour Sin City 2, ça a été tout le contraire… cela nous a pris 9 ans. Nous étions prêts à tenter de le faire en 2007 mais des changements organisationnels chez MIRAMAX et WEINSTEIN ont ralenti le projet. Ils n’étaient pas prêts, ils devaient faire le ménage chez eux avant.

Nous avons donc fait 4 ou 5 films en attendant de pouvoir discuter du script. Mais cela ne nous a pas paru si long.

Frank Miller : L’idée seulement s’est vendue très facilement auprès de tout le monde pour le premier opus. Pour cette suite, nous avons eu besoin d’approfondir les personnages et le script.

 

Comment avez-vous convaincu ce casting incroyable de venir tourner au Texas ?                  

Robert Rodriguez : Les acteurs ont en réalité adoré tourné à Austin, Texas plutôt que dans un endroit lointain et low cost. Austin est une ville très créative, il n’y a pas de studios autour, pas de producteurs, juste moi et mon environnement hyper créatif ! Ils ont été très libres pour jouer des personnages qu’ils n’avaient pas l’habitude d’incarner.

De plus, il n’est pas très difficile de les convaincre de venir tourner dans cet univers particulier qu’est Sin City de Frank.

Frank Miller : En réalité, de nombreuses femmes aiment être belles et très puissantes et dans Sin City, elles ont les deux !

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Le casting a-t-il été choisi pour ressembler physiquement à la bande dessinée ?                                          

Robert Rodriguez : Tout à fait, le casting a porté notamment sur des acteurs et actrices qui ressemblait physiquement aux personnages de la bande dessinées.

Eva Green ressemble très fortement à Ava Lord. Des prothèses ont été nécessaires à Mickey Rourke pour être au plus proche du physique de Marv et au contraire, Ray Liotta à la même tête que Joey.

De même pour Josh Brolin qui incarnant Dwight McCarthy.

Il nous est quand même arrivé de prendre le meilleur acteur mais j’ai toujours cru en le dessin de Frank Miller et souhaitait vraiment coller au plus proche de cette vision.

Frank a parfois voulu modifier certains passages du script et je l’ai souvent stoppé en lui proposant de rester sur son roman graphique originel, le plus fidèlement possible.

Frank Miller : A l’époque, je n’aurai jamais imaginé d’aussi belles femmes telles Jessica Alba et Eva Green dans la réalité. J’ai été ébahi d’apprendre que ces femmes existaient vraiment !

EVA_GREEN_AVA_LORD_SIN_CITY

On aperçoit dans le film un paquet de cigarette de marque Red Apple. Forcément, j’ai pensé à Quentin Tarantino qui avait réalisé une scène dans Sin City 1. S’est-il impliqué dans ce nouvel opus ?   

Robert Rodriguez : Non, il était en train de tourner Django Unchained en même temps. Je ne pense pas qu’il aurait accepté de venir tourner car nous avons réalisé Sin City 2 de manière très morcelée.

De nombreux acteurs ne se sont même pas rencontrés ! Le casting de Josh Brolin effectué, nous avions déjà enregistré tous les passages avec Mickey Rourke. Ils boivent ensemble, sont dans la même voiture mais ont dû jouer séparément. C’est la magie du fond vert !

La présence d’un invité-réalisateur aurait été très difficile à gérer.

Frank Miller : Je n’ai jamais eu autant de plaisir à travailler aussi dur. Nous avons eu des très bons moments. Robert est très exigeant et nous avons été tellement impliqués dans Sin City que nous n’avons pas eu besoin d’appeler des renforts.

 

Après avoir ruiné Daredevil, Ben Affleck va jouer dans le prochain Batman. Qu’avez-vous pensé de la trilogie Batman de Christopher Nolan et du film Daredevil ?          

Frank Miller : J’ai fait de mon mieux pour ne pas les voir. Il y a une excellente raison : je ne verrais pas ce qu’ils ont voulu faire. Une fois que je me suis attaché à un personnage que j’ai scénarisé et dessiné, je ne le vois qu’à ma manière.

 

A lire aussi, la critique de Sin City : A Dame To Kill For (nouvelle fenêtre) 

Ces films qui existent au cinéma et au théâtre

Généralement, sur ce blog, on ne parle que de cinéma. Et pour changer, aujourd’hui, nous allons aussi parler théâtre, mais toujours du point de vue du réalisateur ! Si il y a des différences majeures entre ces deux arts, il y a aussi des similitudes, qui ont notamment permis et de nombreuses œuvre d’être adaptées à la fois au cinéma et au théâtre.

Quelques exemples d’œuvres de cinéma et de théâtre

Parmi les plus grands auteurs de théâtre, c’est indiscutable, on peut citer Shakespeare. Or, celui-ci a été adapté de nombreuses fois au cinéma. Ainsi, ses oeuvres Hamlet, Romeo et Juliette, Mavbeth ou encore Beaucoup de bruit pour rien ont été retranscrites plusieurs fois au cinéma, par des réalisateurs très variés, notamment le grand Orson Welles. Mais il n’est pas le seul auteur de théâtre dont les œuvres ont été adaptées au cinéma. On pense également à Molière, Eugène Ionesco ou Marguerite Duras.

belle-bete-cocteauL’inverse est également possible, surtout dans les pays anglo-saxons. De nombreuses œuvres ayant séduit le public au cinéma ont le droit à des adaptations sur les planches, plus généralement sous forme de comédie musicale. Enfin, certaines oeuvres ne sont ni orginaires du cinéma, ni du théâtre, mais de la littérature. C’est le cas du conte La belle et la bête, plusieurs fois adapté au ciné par Jean Cocteau, les studios d’animation Disney ou plus récemment le réalisateur français Christophe Gans. Ce conte a également bénéficié d’une adaptation au théâtre sous forme de comédie musicale, d’abord à Broadway, dans les années 90, et plus récemment à Paris, au théâtre Mogador.

Quel intérêt pour un futur réalisateur de s’intéresser au théâtre ?

Pourquoi est-ce qu’il peut être intéressant à un réalisateur de film de s’intéresser au théâtre ? Il y a en fait de multiples raisons :

1/ Les règles narratives sont similaires, car tout auteur le sait, universelles. Voir des pièces de théâtre est donc, du point de vue de la narration, tout aussi intéressant que voir des films, ou lire des livres.

2/ Les contraintes de mise en scène sont beaucoup plus importantes, avec une contrainte d’espace colossal, l’impossibilité de rejouer une scène ratée en direct et autres aléas du direct. Il y a donc énormément à apprendre en observant les techniques mises en place par les réalisateurs de théâtre, et notamment la créativité dont ils font preuve pour « casser » les limites du théâtre.

3/ Dans une volonté de reproduire des contraintes similaires au cinéma. On peut notamment évoquer deux oeuvres, comme La corde d’Alfred Hitchcock ou Dogville de Lars Van Trier. Le tour de force de ces deux films est de reprendre les codes du théâtre, et pourtant, de réussir à livrer deux oveuvres très cinématographiques, audacieuses et inspirées en terme de mise en scène.

4/ Pour trouver de nouveaux talents.  Au théâtre, de nombreux comédiens de talents travaillent chaque jour et, comme ils ne sont pas connus, ne sont pas forcément inaccessibles financièrement. Aller chercher des acteurs de théâtre, c’est trouver des acteurs expérimenté pour ses projets à moindre frais.

Je vous ai cité quatre raisons très importantes à mes yeux pour justifier le fait d’aller voir des pièces de théâtre, mais je suis sur que vous même, vous en trouverez plein d’autres si vous tentez l’expérience.