Camera portée, PDV et Steadycam

La caméra portée, le point de vue et la steadycam, sont des techniques assez similaires, mais ayant chacune des spécificités propres qui peuvent justifier l’utilisation de l’une plutôt que l’autre par le réalisateur d’un film.

La caméra portée

Dans un mouvement en caméra portée, la caméra n’est pas fixée à un trépied mais directement portée par le cadreur. Le mouvement est donc celui de l’opérateur. Cela donne une liberté immense mais aboutit très souvent à une image assez instable. Le mouvement en caméra portée permet au réalisateur de créer un malaise, une incertitude chez le spectateur. L’effet est d’autant plus significatif si le plan en caméra portée est utilisé en contraste avec un ou des plans fixes.

Outres ses avantages dramaturgiques certains, le plan en caméra portée a aussi l’avantage de nécessiter très peu de matériel, la machinerie étant remplacée par l’opérateur. Cela peut s’avérer très utile pour la réalisation de films amateurs ou à petit budget, à condition de ne pas trop en abuser et de ne l’utiliser que lorsque cela enrichit réellement la séquence.

Exemple – Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg

La steadycam

Cette technique repose sur un système assez similaire à la caméra portée, si ce n’est que la caméra est fixée à l’opérateur à l’aide d’un harnais. La liberté est donc tout aussi importante. La différence dans l’effet rendu est par contre assez significative. En utilisant la Steadycam, le rendu est beaucoup moins nerveux, moins instable. Le mouvement est plus fluide, comme si la caméra flottait dans l’espace. Alors que la caméra portée permet de créer le malaise, exprimer une sensation de difficulté, la Steadycam, par cet effet de lévitation, permet au contraire de suggérer la facilité. Elle peut aussi créer une impression de songe.

Exemple – Elephant de Gus Van Sant

Aller plus loin – Le PDV

Le PDV (Point De Vue) n’est pas un mouvement à proprement parler mais plutôt une technique narrative que l’on peut exprimer à l’aide d’une caméra portée, de la Steadycam voir d’un travelling.

Le réalisateur va utiliser l’un de ces mouvements pour révéler au spectateur le point de vue d’un personnage ou d’un objet. Ce que le spectateur verra à l’écran représente exactement ce que le personnage voit. Cette technique est idéale pour créer l’identification au personnage. Elle peut au contraire aussi être utilisée pour créer une angoisse chez le spectateur, une ambiance menaçante.

Exemple – Halloween de John Carpenter

About author View all posts Author website

Christopher Guyon

4 CommentsLeave a comment

Répondre à Hubert Kidjassou Cancel Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *