Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit d’article technique ici. Et pour cause : je suis réalisateur, pas ingénieur. Mon terrain de jeu habituel, c’est la narration, la mise en scène, le cadre — pas les fiches produit et les comparatifs de capteurs. Mais depuis quelques mois, mon activité de blogueur voyage m’a changé la donne. Parce qu’une fois qu’on a vu des images aériennes bien faites au-dessus d’un paysage, difficile de continuer à faire semblant que ça n’existe pas.
Alors depuis un moment, je tourne autour des drones. Je regarde les sorties, je lis les tests, je calcule mentalement si ça rentre dans le budget. Mais à chaque fois, quelque chose coince — le prix, les contraintes réglementaires, la courbe d’apprentissage, le sentiment que le modèle qui m’intéresse sera remplacé dans six mois par quelque chose de mieux. Vous voyez le profil.
Et puis DJI a annoncé la gamme Lito fin avril 2026. Et là, pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu l’impression que les planètes s’alignaient enfin. Est-ce que c’est vraiment le modèle qui va me faire sortir la carte bleue ? Après avoir creusé le sujet, je pense que oui — et je vais vous expliquer pourquoi.
La gamme Lito : DJI tourne une nouvelle page
Pour comprendre la gamme Lito, il faut partir d’où vient DJI. Depuis des années, leurs drones d’entrée de gamme s’appelaient Mini. Les Lito 1 et Lito X1 en prennent la succession directe — le Lito X1 succédant au Mini 3, le Lito 1 au Mini 4K. Mais le changement de nom n’est pas anodin : avec lui arrive un repositionnement assumé.
La gamme Lito est conçue pour les créateurs qui découvrent la photographie aérienne, avec l’ambition de rendre la prise de vue en altitude accessible dès le premier jour. Dit comme ça, ça ressemble à du marketing. Mais dans les faits, il y a quelque chose de réel derrière : les deux modèles intègrent pour la première fois à ce niveau de prix une détection d’obstacles omnidirectionnelle à 360°. Et ça, c’est un vrai changement de paradigme pour quelqu’un comme moi, qui n’a pas envie de passer ses premières heures de vol à soigner ses crises d’angoisse.
Ce que les deux modèles ont en commun — et c’est déjà beaucoup
Avant de rentrer dans les différences, parlons de ce qui réunit le Lito 1 et le Lito X1. Parce que sur le papier, les deux sont quasi jumeaux : même silhouette pliable, même poids sous les 249 grammes, même transmission O4, même autonomie annoncée à 36 minutes, et même évitement d’obstacles omnidirectionnel.
Le poids, justement, c’est un détail qui change tout d’un point de vue pratique. Les deux drones affichent 249 g sur la balance, ce qui correspond à une classification C0 en Europe avec la batterie standard. En clair : selon la réglementation européenne sur les drones de loisir publiée par l’DGAC, cette catégorie est exemptée de nombreuses obligations — pas de formation obligatoire, pas d’enregistrement complexe pour un usage loisir. Pour un réalisateur qui part en repérage ou en tournage léger, c’est une liberté concrète.
Côté créativité, les deux modèles embarquent les Quickshots — Dronie, Fusée, Cercle, Hélice, Boomerang — ainsi que l’Hyperlapse et Focus Track, qui regroupe les fonctions de suivi ActiveTrack. Je ne vais pas vous mentir : ces modes automatiques, que j’aurais autrefois regardés de haut en tant que réalisateur, sont en réalité d’une utilité redoutable quand on tourne seul. Le drone qui suit son sujet tout seul pendant qu’on gère autre chose, c’est un assistant caméra low cost.
Lito 1 ou Lito X1 : la vraie question
C’est évidemment là que ça se joue. Et pour être franc, les différences sont plus significatives qu’un simple saut de gamme cosmétique.
Le capteur d’abord. Le Lito X1 embarque un capteur 48 Mpx de type 1/1,3″, capable de filmer en 4K jusqu’à 60 fps, avec deux modes de ralenti — 4K 100 fps et FHD 200 fps — et la possibilité d’enregistrer au format vertical en 2,7K à 60 fps. Le Lito 1, lui, adopte un capteur de 1/2 pouce avec la même définition de 48 Mpx. Pour des images destinées aux réseaux sociaux ou à un blog, le Lito 1 fait très bien le job. Pour intégrer des plans aériens dans un vrai projet de réalisation, le capteur du X1 est clairement plus crédible.
Le LiDAR ensuite. Le Lito X1 intègre un module LiDAR placé à l’avant, avec une portée maximale de 36 mètres pour détecter les obstacles. Le Lito 1 repose uniquement sur des caméras pour sa détection. En pratique, ce n’est pas anodin : le LiDAR fonctionne bien mieux en plein jour dans des environnements denses, là où les caméras de détection peuvent se faire piéger par la lumière directe.
Le D-Log M. C’est probablement la différence qui parle le plus à un réalisateur. Le Lito X1 enregistre en 10 bits D-Log M, ce qui offre une vraie latitude d’étalonnage en post-production. Le Lito 1 ne propose pas cette option. Pour quelqu’un qui va mixer des plans drone avec des images caméra dans une chaîne colorimétrique cohérente, c’est un critère décisif.
Le stockage. Le Lito X1 propose 42 Go de stockage interne, là où le Lito 1 ne dispose que d’un port microSD. Détail en apparence, mais sur le terrain c’est une carte mémoire en moins à gérer — et une contrainte en moins au moment où on jongle déjà avec dix autres choses.
Pour aller encore plus loin sur les specs comparées, je vous renvoie vers ce comparatif qui présente les différences entre le Lito X1 et Lito 1 qui détaille point par point les différences entre les deux modèles.
Les accessoires : jusqu’où aller ?
Pour faire simple : en dehors du drone nu, deux grandes options se présentent.
Le Fly More Combo est le pack que je recommanderais à la majorité des acheteurs. Il contient le drone, la radiocommande DJI RC 2 avec écran 5,5 pouces intégré, un protège-nacelle, trois paires d’hélices de rechange, trois batteries de vol intelligentes standard, un hub de charge bidirectionnel et un sac bandoulière. Avec trois batteries et ce hub, on dispose d’une autonomie cumulée pouvant atteindre 108 minutes en conditions idéales. La RC 2 avec écran intégré, c’est aussi la fin du câble smartphone cherché au fond du sac au mauvais moment.
Le Fly More Combo Plus pousse l’autonomie encore plus loin avec des batteries haute capacité — jusqu’à 52 minutes par batterie — mais le poids au décollage dépasse alors les 249 g, ce qui fait basculer le drone en classe C1. Ça n’est pas rédhibitoire, mais ça implique quelques obligations réglementaires supplémentaires à connaître avant de décoller.
Côté accessoires tiers utiles : une carte microSD rapide pour le Lito 1, des protections d’hélices supplémentaires, et surtout le DJI Care Refresh — l’assurance contre les accidents de vol. Pour les premières heures de vol, c’est une dépense que je considère presque obligatoire.
Vous trouverez l’ensemble des configurations disponibles sur la page dédiée au drone DJI Lito chez Studiosport.
Est-ce que le prix est justifié ?
Le Lito 1 est affiché à 339 €, le Lito X1 à 419 €. En comparaison, le Mini 5 Pro tourne autour de 799 €. L’écart parle de lui-même.
Honnêtement ? Oui, le positionnement tient la route. Avoir la détection d’obstacles omnidirectionnelle à ce niveau de prix, c’est une vraie avancée — il y a encore deux ans, il fallait doubler la mise pour en bénéficier. Et pour un réalisateur qui cherche à enrichir sa boîte à outils visuelle sans y consacrer un budget d’équipement principal, la gamme Lito arrive au bon moment.
Quelques bémols tout de même, parce que ce serait trop facile sinon. L’autonomie réelle en vol tourne plutôt autour de 25 minutes — pas 36. C’est un classique du genre dans l’industrie drone, mais ça oblige à prévoir ses batteries en conséquence sur un tournage. Et une fois qu’on ajoute le Fly More Combo et quelques accessoires, on arrive rapidement à 600-750 € — ce qui reste raisonnable, mais demande qu’on anticipe l’enveloppe totale dès le départ.
Mon sentiment : Le Lito X1 est celui que j’achèterais si je sais déjà que je vais intégrer des plans aériens dans mes projets de façon régulière. La différence de 80 € entre les deux versions nues se justifie facilement dès qu’on envisage un usage un tant soit peu sérieux.
Alors, est-ce que je vais craquer ? Très probablement. Et si la question se pose encore, c’est uniquement pour savoir à quel moment. Vais-je attendre un projet, ou vais-je me lancer maintenant pour être opérationnel le moment venu ?