Quel steadicam pour tourner un court métrage ?

Aujourd’hui, nous vous avons préparé un gros dossier. Nous allons vous présenter un outil essentiel, qui peut avoir un impact considérable dans votre mise en scène. Nous allons aborder cette merveilleuse invention qu’est le steadicam, parfois également orthographié steadycam ! Un peu de théories, mais aussi des recommandations d’équipements en fonction de vos besoins et de votre budget, sans oublier quelques conseils pour bien débuter !

Le cinéma est une invention récente. Il est donc normal qu’il se perfectionne avec le temps, que de nouvelles techniques apparaissent ainsi que de nouveaux outils. Il y a même fort à parier que d’ici 50 ans maximum de nouveautés apparaitront et révolutionneront – certes le mot est fort – le cinéma encore une fois. En 1972, c’est Garrett Brown et son invention du steadicam qui change totalement le monde de la prise de vue, offrant de nouvelles possibilités inédites, avec un de nouveaux façons de mettre en place de mouvements de caméra ambitieux et fluides en caméra portée et pour faire de beaux travellings.

Qu’est-ce que le Steadicam ?

Beaucoup doivent déjà savoir ce qu’est un steadicam ou au minimum ont une idée plus ou moins précise de la chose. Il s’agit « tout simplement » d’un système stabilisateur de prise de vue, qui va permettre des travellings avant et arrière fluides ou de faire n’importe quel mouvement à hauteur d’homme ou au ras du sol. Cela peut paraitre aujourd’hui tout bête pour les plus jeunes qui ont toujours vu des films avec ce système, mais cela a permis des plans simplement impossibles à penser avant.

Comment ? Grâce à un système d’équilibrage et d’absorption des chocs. Cela va permettre de filmer avec la caméra se déplaçant entre les mains d’un opérateur sans qu’il y ait le moindre tremblement. Ainsi, il est possible de faire des plans bien plus naturels qu’avant, quand la caméra était attachée à un rail ou à une grue, et surtout à moindre frais, et beaucoup plus rapidement ! On peut passer d’un plan large à un panoramique puis à un plan serré, suivre quelqu’un dans des escaliers, tourner autour d’un ring, l’opérateur peut courir…

Attention cependant à un point de détail : un steadicam est une marque de modèle stabilisateur. Aujourd’hui, le terme est souvent utilisé pour décrire chaque système du même genre. C’est ainsi devenu au fil des années un nom générique, mais à la base, il s’agit d’une marque.

Inconvénients du steadicam

On l’aura bien compris, le steadicam est un outil fantastique. Mais comme toutes choses, il y a des défauts ! L’un des principaux va être son poids. Le système peut accueillir des caméras allant jusqu’à 50 kilos. Imaginez vous déjà courir ou porter la moitié de ce poids pendant plusieurs prises, et vous comprenez que tout le monde ne peut pas être opérateur steadicam.

Egalement, un steadicameur doit connaitre parfaitement son appareil, et être précis. Au-delà de ça, cela implique d’avoir plus de surveillance qu’une autre caméra et une fibre artistique plus développée de la part du cadreur. En effet, la capacité de mouvement est plus grande et c’est donc moins surveillé par le réalisateur que quand la caméra est fixe. Il ne peut décider précisément du plan, et il y a une part de choix bien plus importante chez un steadicameur.

Acheter un steadicam pour son court métrage

C’est là un autre problème du steadicam… le prix. Enfin, c’était surtout le cas il y a quelques années et vrais progrès ont été fait récemment, surtout du côté des produits amateurs, qui sont loin de démériter.

Un steadicam de qualité pro peut très facilement couter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Alors oui il va être possible d’en louer une, mais cela implique aussi forcément de louer l’opérateur avec. Si vous ne l’avez toujours pas compris, utiliser un vrai steadicam demande de la technique. Il existe en revanche des modèles qui ne sont pas aussi performants et professionnels, mais qui le sont bien assez pour garantir une qualité largement suffisante (et même plus) sans avoir et à casser son PEL. N’oubliez pas que vous prévoyez de faire plusieurs films, et que tout ce que vous achèterez lors de votre premier tournage, surtout s’il s’agit de matériel de qualité, servira pour les films suivants. Investir un peu d’argent sur un steadicam peut donc vraiment faire sens !

Les appareils steadicam de qualité pour les budgets moyens

Si vous avez quelques centaines d’euros, regardez du côté des stabilisateurs semi pro comme Le Moza Air 3 axes de Gimbal ou pour des caméras plus lourdes, le Andoer LAING M30PⅡ professionnel.

 

Les appareils steadicam pas chers pour les petits budgets

Si vous n’avez cependant pas cet argent – ce qui serait bien normal quand on débute – il est possible d’acheter un simple stabilisateur pour quelques dizaines d’euros ou bien un système de stabilisateur avec bras, ce qui permet de faire des plans tout à fait convenables quand on commence à peine, pour quelques centaines d’euros.

Dernière option, un stabilisateur pour Smartphone. Ils ont un rapport qualité / prix assez incroyable et aujourd’hui, tourner un court métrage avec un iphone n’est plus du tout une idée farfelue…

 

Il est donc relativement facile de se procurer des appareils pouvant fournir de l’antichoc. Néanmoins, si les meilleurs coutent aussi cher ce n’est pas pour rien. Ainsi par exemple, un des problèmes du steadicam concerne le point, qui change en même temps que le cadre. Avec un steadicam pro, le réglage se fait à distance, car cela n’est pas possible autrement. Avec les systèmes plus bas de gamme, ce n’est pas le cas.

Quelques conseils pour utiliser votre steadicam

Vous pouvez lire des livres, des articles sur internet et regarder des tutoriaux youtube autant que vous voudrez. Cela vous apportera certainement de bonnes astuces pour éviter certaines erreurs et réussir quelques autres trucs. Mais, soyons hônnetes, le steadicam nécessite un peu de pratique pour être maitrisé. Si l’opérateur qui va l’utiliser le fera pour la première fois lors de votre tournage, vous courez à la catastrophe et vous allez perdre un temps fou, sans garantir d’obtenir le résultat souhaité. N’achetez pas votre steadicam la veille du tournage, mais en amont, afin de faire des essais, des tests ou faites appel à un technicien qui a de l’expérience… Ceci étant dit, voici quelque conseils :

    • Comprenez ce que vous avez sous les yeux : Gilet (vest), bras (arm) et le sled. Le gilet, porté par l’opérateur, est lui-même connectée au bras, qui est relié au sled sur lequel la caméra est fixée.
    • Documentez-vous. Certains ouvrages vous permettront vraiment de progresser comme The Steadicam Operator’s Handbook de Jerry Holway et Laurie Hayball.
    • Balance, drop time et horizon : Ce sont ces concepts qui permettent de comprendre comment utiliser le steadicam sans se rater. Pour plus d’explications, je vous encourage à visionner le tuto ci-dessous

Quand utiliser le steadicam ?

Vous venez d’investir une petite fortune et forcément, vous avez envie que l’on voit dans votre film que cela a été fait avec du bon matériel. Vous avez envie de faire de beaux plans et de belles séquences grâce à votre équipement steadicam. MAIS ATTENTION… Les mouvements de caméra ne doivent jamais être gratuits dans un film. Au contraire, si vous alternez judicieusement entre des plans plus simples, des plans fixes, et des plans en mouvements, ceux-ci ressortiront encore plus et vous permettront d’appuyer votre intention, votre propos, en mettant l’accent sur une scène clé.

Exemples de plans au steadicam

Shining

Rocky

Marathon Man

En route pour la gloire

True Detective

Bonus

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Vincent

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