Interview : présentation du festival Ciné Haïku

Aujourd’hui, je vais vous présenter un festival dont l’année 2017 marque la toute première édition : le festival Ciné haïku, qui est aussi un concours de court métrage, aux règles bien définies.

cine-haikuPrésentation du festival

Le festival annuel Cinéhaïku réunit l’ensemble des films primés chaque semaine dans une exposition éphémère, du 7 au 21 juillet 2017, à travers la ville de Gordes, dans le Luberon, en France.

Au travers d’une promenade esthétique, les Cinéhaïkus, retransmis sur des écrans, permettent au public de découvrir un instant de poésie suspendu dans le temps.

Si le festival ne démarre qu’en juillet, le concours a commencé fin janvier 2017. Les participants sont invités à proposer des films très courts, de moins de 30 secondes, inspirés par la tradition du haïku japonais. Qu’est ce qu’un haïku ?

« Le haïku est une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne. C’est une forme très concise, dix-sept syllabes en trois vers (5-7-5). » (source : Tempslibre.org)

Les réalisateurs souhaitant participer au concours sont invités à réaliser un film de trois séquences très courtes, avec une intention similaire à celle du haïku : « discret, d’un lyrisme silencieux. Il évoque les choses indirectement sans que ce soit symbolique. » Il ne transmet « pas de sentiment amoureux trop marqué. Pas de carpe diem. L’amour est l’inverse du haïku, l’amour oblige à parler de soi. Le haïku dit “je” mais pour se laisser oublier. Le “je” passe dans le corps. ».

Chaque semaine, un film sera sélectionné par le jury et son auteur remportera 500$. Lors du festival, tous les lauréats hebdomadaires seront diffusés dans le village de Gordes et le grand gagnant remportera la somme de 10 000$. Ci-dessous, vous pourrez découvrir l’interview de l’organisatrice ainsi qu’un aperçu du type de film qui peuvent être proposés au festival.

cine-haiku-festival

Interview de Clara, organisatrice de Ciné haïku

– Bonjour, Pouvez-vous nous présenter le festival Ciné Haïku?
Le festival Cinéhaiku rassemble à Gordes l’ensemble des films primés durant l’année. C’est une exposition itinérante dans l’un des plus beaux villages de France. Un parcours d’écrans Cinéha !iku vient créer la surprise dans le village à travers le village, comme une chasse au trésor dada.

– Pourquoi avoir créé ce festival ?
Le talent est contagieux, la poésie vitale, les films courts modernes… La beauté apaise, donne de l’espoir, réconcilie… La jeunesse nous donne de l’énergie, nous remet en cause, nous bouscule… Je crois que je ne me suis jamais remise de la lecture de « La préparation du roman » de Roland Barthes, un cours au collège de France dont le premier chapitre est consacré au haïku…
« Tout en larmes
Assis il raconte
Sa maman l’écoute » (Hasuo)
Le poème est tellement fort, qu’on visualise instantanément la scène. Mais justement, comment rendre cette force visuellement ? C’est de cette interrogation qu’est né l’idée du concours et du festival.

– Pourquoi le choix du Haïku ?
La poésie est une passion personnelle et dans cette passion, le haïku tient une place à part. C’est un foudroiement, raison pour laquelle la signalétique du site internet cinehaiku.com reprend ce symbole. Mais c’est un foudroiement dans la douceur : traditionnellement les haïkus ne sont ni violents, ni érotiques, ni revendicatifs. C’est un moment qui fait sens, sans aller jusqu’au symbole. Il évoque la nature, il renoue avec notre part la plus pure d’humanité. Je pense que nous avons tous besoins de ce lien, de cette gratuité dans les émotions débarrassées de trop d’intentions.
« Comme il est admirable
Celui qui ne pense pas « la vie est éphémère »
Quand il voit un éclair » (Basho)

– Chaque semaine, un film sera récompensé d’un prix de 500$, et cela pour plusieurs mois. Pourquoi avoir choisi cette formule ?
Nous nous adressons de manière privilégiée aux jeunes réalisateurs, et la forme du concours nous a semblé la plus indiquée. Il s’agit d’un petit exercice créatif, il aurait pu être gratuit.
« Tout le monde dort
Rien entre
La lune et moi ». (Seifugo)
Ca ne vous donne pas envie de créer un cinéhaïku ?

– Pouvez-vous présenter le Jury ?
Il est en cours de constitution, j’attends des réponses. Il rassemblera des personnalités internationales du design, comme India Mahdavi, de l’art contemporain comme Sylvie Fleury, de la poésie mais aussi évidemment du cinéma.

– Y a-t-il un mot d’ordre, une ligne directrice donnée au jury pour son choix des films ?
Liberté.

– Quels sont les projets futurs de l’association ?
Nous sommes concentré sur le projet de mener à bien cette première édition à Gordes. L’accueil de la ville a été fabuleux et nous sommes tombés amoureux de la région. C’est une grande fierté pour moi, toute mon énergie est dirigée vers le 7 juillet 2017…

Quelques exemples de films en trois séquences

Cinéastes amateurs en recherche d’opportunités, n’hésitez pas à consulter notre liste de festivals et concours de courts métrage en 2017

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Christopher Guyon

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