Ecrire un scénario de film de court métrage

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Ecrire le scénario de votre court métrage

Une fois que vous tenez votre idée, votre synopsis et votre note d’intention, vous pouvez passer à l’étape suivante, celle de la continuité dialoguée. Encore une fois, afin de vous assurez que vous faites les meilleurs choix, il faut vous poser les bonnes questions et respecter certaines règles.

Commençons par le commencement. Qu’est ce que la continuité dialoguée ? C’est tout simplement le scénario du film, qui respecte une structure précise, comprenant des séquences numérotées, des dialogues et des descriptions des lieux et des évènements qui seront plus tard à l’image, une fois le film réalisé et monté. Vous ne devez pas indiquer d’intentions de mises en scène comme les plans ou les mouvements de caméra. Gardez ça pour plus tard !

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La structure du court métrage

Alors que le scénario d’un long métrage se décompose en cinq actes, il n’y a en théorie que trois actes pour le court métrage : une introduction, les péripéties et enfin, le dénouement. Encore une fois, il y a des règles pour la durée de chaque acte, soit 1/6 pour l’introduction 4/6 pour les péripéties et de nouveau 1/6 pour la résolution.

Acte 1 : l’introduction, également appelée l’exposition

Si votre court métrage dure 10 minutes, cette séquence ne doit pas durer plus de 2 minutes. Il s’agit de susciter l’intérêt du spectateur. Même si votre film est court, le spectateur peut décrocher dès la première minute et vous aurez bien du mal à le reconquérir. En festival, il enchaine généralement les courts métrages et cela peut s’avère parfois fatigant. Ce sont les films les plus efficaces et les mieux construits qui réussissent à capter l’attention du public. Sur internet, c’est encore pire. L’effet zapping est encore plus puissant qu’à la télévision et la plupart des gens qui lacent une vidéo ne la regardent pas au-delà d’une minute.

Il faut présenter la situation initiale et le personnage, donner le plus d’informations possibles, sans perdre le spectateur en cours. Il faut donc enlever tout ce qui est superflu. Une fois que vous avez fait cela, vous devez enchaîner le plus rapidement possible avec l’élément déclencheur, qui remet en cause la situation initiale, amène l’intrigue.

Acte 2 : développement et climax

C’est le cœur de votre film, le personnage se retrouve confronté à une situation spécifique, à un ou plusieurs obstacles. Vous n’avez pas autant de « temps » que pour un long métrage ou une série. Evitez donc de vous attarder sur des personnages secondaires ou des intrigues supplémentaires. Allez droit au but, tout ce que vous mettez dans le film doit servir le message et contribuer à aller vers e climax et la résolution de l’intrigue.

Acte 3 : Le dénouement

C’est la chute du film, l’intrigue est résolue, et que le personnage échoue ou réussisse, les réponses doivent être apportées (à moins que vous souhaitiez une conclusion ouverte, invitant le spectateur à réfléchir). Dans tout les cas, le spectateur doit comprendre pourquoi le film a été fait, quelle a été votre démarche et ce que vous avez souhaité exprimer.

Les personnages

Un personnage de court métrage sera forcément moins développé à l’écran que dans un long métrage. Il n’empêche plus vous avez travaillé son background, son profil, plus il paraitra juste et gagnera en cohérence. Je vous recommande donc fortement d’avoir un document dédié au personnage principal dans lequel vous fournissez le plus d’informations à son sujet. Vous pouvez par exemple dresser une liste de plusieurs questions et y répondre. Voici une liste non exhaustive :

A quoi ressemble votre personnage ?
Est-il introverti ou extraverti ?
Comment s’est déroulée son enfance ?
Comment s’est déroulée son adolescence ?
Que désire votre personnage ?
Est-il en couple ?
Quel est son travail ?
Qu’est-ce qu’il aime manger ?
Quels sont ses loisirs ?

La continuité, une écriture visuelle

Le scénario n’est pas une œuvre. Ce n’est pas un livre, ce n’est pas un essai. C’est un outil qui permet de réaliser une œuvre, un film. Et un film, même s’il contient (la plupart du temps) des dialogues, c’est avant tout des images. ATTENTION, vous ne devez pas indiquer des intentions de mise en scène dans la continuité dialoguée, que vous soyez le réalisateur ou pas. Toutefois, le lecteur doit pouvoir visualer l’action lorsqu’il lit votre scénario. Décrivez l’action plutôt que les sentiments des personnages.

La continuité dialoguée est composée des éléments suivants :
– Des séquences numérotées précisant le lieu et le temps (jour / nuit)
– Des didascalies : descriptions des lieux et personnage, actions et mouvements
– Des dialogues : préciser le nom du personnage avant chaque prise de parole

Extrait de continuité dialoguée :

Séquence 3 – Une salle de classe – INT – JOUR

Dans la salle de classe. Les élèves sont assis sur leur siège. Certains regardent vers le tableau, d’autres gribouillent sur leur carnet, tandis que d’autres chuchotent ou s’échangent des mots. Sarah, perdue au milieu de la classe, semble suivre avec attention ce qui se passe au tableau. Elle porte un jean et un haut très banals. La professeur, d’une quarantaine d’années, est assise à un bureau d’élève au premier rang, elle aussi concentrée sur le tableau. Thomas, un garçon d’environ 15 ans, une paire de lunettes sur le nez et un petit livre dans la main, est au tableau. Il récite un exposé. Il semble particulièrement mal à l’aise.

Thomas
Donc, même si le livre parle d’une histoire d’animaux de la ferme, c’est aussi…

Pierre, un élève de la classe plus âgé que les autres, déjà 18 ans, s’amuse à lever un magazine pornographique et à montrer les doubles pages remplies de photos de femmes nues dans la direction de Thomas. Celui-ci perd ses moyens, balbutie, ne trouve plus ses mots.

Thomas
… c’est aussi… heu… c’est aussi une critique du commu…

Il marque un silence, ne trouve plus ses mots, puis reprend.

Donc, c’est aussi une critique du communisme et une vision pessimiste de la nature humaine. Et donc, à la fin, on se demande : Est-ce vraiment en changeant l’environnement ou les règles que l’on trouve le bonheur ?

Pierre continue à montrer les images de son magazine à Thomas. Celui-ci marque un nouveau silence. Il est maintenant complètement rouge et n’arrête pas de plier son livre, le retourner, le tripoter…

Et donc, pour conclure, si j’ai autant aimé ce livre, c’est pour les différents thèmes abordés mais aussi cette fin qui m’a fait beaucoup réfléchir.

La prof
Merci. Exposé intéressant, on voit vraiment que tu as compris le sujet, Thomas. Par contre, tu dois vraiment travailler ton expression orale, tu es beaucoup trop nerveux et faix attention, tu mets des « donc » partout, dans toutes tes phrases. Donc, je te mets 11. Tu peux retourner à ta place.

Thomas, extrêmement déçu et légèrement énervé regagne lentement sa place, le visage légèrement incliné vers le sol.

Thomas, arrivant au niveau de Pierre, murmure, sans s’arrêter ni le regarder
Abruti

Il continue alors son chemin jusqu’à sa chaise, sans regarder ce qu’il y a autour de lui, le regard toujours orienté vers ses pieds. Une fois assis, il relève la tête et son regard se focalise immédiatement sur un élément, le visage de Pierre. Celui-ci le regarde dans les yeux d’un air extrêmement menaçant.

Pierre
Toi, t’es mort !

Thomas baisse de nouveau les yeux.

Séquence 4 – Un couloir du lycée – INT – JOUR

Un couloir du lycée. D’abord sombre, il s’illumine lorsque la porte de la salle de classe s’ouvre et laisse échapper les élèves, bruyants et surtout heureux d’avoir quelques minutes de répit avant de se retrouver de nouveau enfermés dans la même boite pour deux longues heures. Pierre sort de la classe en compagnie de deux autres garçons, un petit assez mince, en survêtement, et un autre, de taille moyenne mais bien plus gros et costaud que les autres élèves. Ils s’arrêtent à quelques mètres dans un coin du couloir et se mettent à guetter les élèves qui sortent de la classe. Thomas, à son tour, sort en silence de la salle, sans se soucier des autres ni exprimer la même joie que les élèves autour de lui. Pierre s’approche de lui et commence à mettre son bras sur les épaules de Thomas, comme s’ils étaient deux amis en train de discuter. Thomas ne réagit pas, n’essaie pas de se débattre. Sarah, sortie juste après Thomas regarde la scène avec un air inquiet.

Pierre
Allez viens avec moi mon pote, il faut qu’on parle de quelque chose toi et moi.

Les élèves ont pratiquement tous quitté le couloir. Pierre et Thomas, accompagnés des deux autres garçons, s’éloignent de l’entrée de la salle de classe, vers un coin de couloir beaucoup plus sombre. Une fois que plus personne n’est là, Pierre reprend.

Pierre
Je vais t’apprendre à faire le malin tu vas voir !

Tout en disant cela, Pierre donne un coup de poing dans le ventre de Thomas. Celui-ci se plie en deux, tandis que Pierre enchaine avec de nombreuses et violentes béquilles. Thomas essaie de répondre aux coups qui lui sont donnés. De ses deux mains il pousse Pierre à l’écart. Il serre alors le poing, prêt à frapper à son tour. Lorsqu’il voit les deux copains de Pierre s’approcher pour intervenir, il desserre le poing, dépité, et voit Pierre, un grand sourire aux lèvres se jeter sur lui et le mettre à terre. Il enchaine alors avec de nombreux coups de pied avant de faire un signe de tête à ses amis les invitant à partir avec lui. Tout en ricanant, les trois adolescents s’éloignent de Thomas resté à terre et immobile, les yeux grand ouverts et l’expression du visage figée.

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Christopher Guyon

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