Les 10 meilleurs réalisateurs de tous les temps

Tout comme les meilleures réalisatrices, les réalisateurs sont une source d’inspiration pour les débutants : leur parcours doit être su, leurs œuvres visionnées et leur style étudié. Nous vous proposons une liste non exhaustive de ces hommes qui ont révolutionné le cinéma.

On traitera ici de ceux ayant été acteurs des changements marquants qui ont fondé le cinéma. Ainsi, seuls ceux détenant plus de 30 ans d’activité ont été retenus dans cette liste. Ils sont classés chronologiquement, en fonction de leur date de naissance.

Alfred Hitchcock

« L’angoisse n’est pas supportable sans l’humour. C’est le mélange qui fait le plaisir. »

1899 (Angleterre) – 1980 (Etats-Unis)

Le précurseur du cinéma : Adepte des thrillers psychologiques et surnommé « Le maître du suspense », Hitchcock a façonné le cinéma que nous connaissons. Très influent, il a aussi bien travaillé à l’époque du muet qu’au début du sonore. Il s’inspire de l’expressionnisme allemand pour ses éclairages et ses angles de prise de vue insolites pour l’époque qui marquent son style. Le réalisateur popularise le « MacGuffin » et surprend en traitant aussi bien des sujets sérieux que comiques qui seront, presque toujours, considérés comme des chefs d’œuvres.

Sa spécialité : Ses personnages suivent toujours le même schéma et l’on retrouve généralement des thèmes comme la peur, la culpabilité et la perte d’identité dans ses œuvres. Il est aussi connu pour faire des caméos (une apparition) dans chacun de ses films.

Ses meilleurs films : De ses 53 longs métrages, nous retiendrons des incontournables comme Les oiseaux (1963), Psychose (1960), La Mort aux trousses (1959) et Fenêtre sur cour (1954). La liste de ses succès est cependant encore longue…

Akira Kurosawa

“Le cinéma ressemble tellement aux autres arts ; s’il y a des caractéristiques éminemment littéraires, il y a aussi des caractéristiques théâtrales, un aspect philosophique, des attributs empruntés à la peinture, à la sculpture, à la musique.”

1910 (Japon) – 1998 (Japon)

Le génie venu d’Asie : A la fois scénariste et réalisateur, il est le japonais le plus influent de l’histoire du cinéma. En effet, il ouvre les portes de l’Occident et ainsi des perspectives internationales aux artistes japonais grâce à sa renommée. Il obtient alors le titre d’« Asiatique du siècle » par le magazine AsianWeek. Malgré la censure de l’époque, il explose les box offices avec ses films dont il maitrise chaque étape. Du concept même jusqu’à sa finalisation, on lui reconnait surtout des talents de monteur et des mouvements de caméra fluides qui font de lui un réalisateur actif et adulé.

Sa spécialité : On l’associe souvent au style chanbara (les combats de sabres). Il aime d’ailleurs traiter de la violence, la maladie et la misère dans un univers toujours proche de la tradition japonaise.

Ses meilleurs films : Considéré par de nombreux critiques comme « le meilleur film japonais de tous les temps » Les sept samouraïs (1954) reste indétrônable. Bien que les derniers de ses 33 films n’aient pas autant été appréciés par la critique que le reste, une grande partie de ses œuvres étaient considérées, à leur sortie, comme « le plus gros succès de l’année au Japon ». Parmi elles, Barberousse (1965), Ran (1985), Entre le ciel et l’enfer (1963) et tant d’autres…

Orson Welles

 « Le montage est essentiel pour le metteur en scène, c’est le seul moment où il contrôle complètement la forme de son film »

1915 (Etats-Unis) – 1985 (Etats-Unis)

L’indépendant d’Hollywood : Principalement acteur, il est également metteur en scène, producteur et réalisateur. Issu du théâtre, c’est un homme indépendant et touche-à-tout dont beaucoup de projets resteront inachevés. Son « style d’essayiste » et son goût pour l’illusion se retranscrivent au travers du montage de ses films. Malgré des difficultés financières, il parvient toujours à briller grâce à des innovations techniques et une richesse de plans à l’esthétique ancrée.

Sa spécialité : Il aime adapter sur grand écran des œuvres littéraires. Il met en avant la beauté du mal, la mort, l’Homme sombre et manipulateur. Il cherche continuellement à surprendre car il a un goût prononcé pour l’illusion et la magie.

Ses meilleurs films : Son premier film reste son plus grand succès : Citizen Kane (1941) qui a été acclamé par la critique dès sa sortie. Ses œuvres perdurent et on l’associe également à La soif du mal (1958), La dame de Shanghai (1947), Le procès (1962) ou encore Othello (1951).

Federico Fellini

« Le mot réalisme ne veut rien dire. Dans une certaine mesure, tout est réaliste. Il n’y a pas de frontière entre l’imaginaire et le réel. »

1920 (Italie) – 1993 (Italie)

Le rêveur aux deux faces : Le réalisateur italien a démarré avec un néoréalisme très marqué dans ses œuvres. Il met en avant le petit peuple italien, sa vie de misère tout en gardant un regard poétique voire onirique. Par la suite, il change totalement de style et approche ce que l’on appelle le baroque fellinien, contraire à ces films précédents. On tombe alors dans un univers bourgeois d’exubérance et de théâtralisation où des sujets comme la décadence et la parade sociale sont traités.

Sa spécialité : Il aime les personnages déguisés, sur-maquillés et outranciers que sont souvent les femmes dans ses films. En fait, il dépeint la vie comme un cirque où la musique et les couleurs ont donc une importance particulière. Cependant, il garde toujours une approche onirique.

Ses meilleurs films : Il a gagné la Palme d’or au Festival de Cannes 1960 pour La Dolce Vita. Des films comme Huit et demi (1963), Amarcord (1973), Les nuits de Cabiria (1957) et La Strada (1954) sont particulièrement appréciés du public.

Son interview ici

Stanley Kubrick

« La question est de savoir si l’on donne au public quelque chose qui vise à le rendre plus heureux, ou quelque chose qui corresponde à la vérité du sujet. »

1928 (Etats-Unis) – 1999 (Angleterre)

Le photographe autodidacte : En seulement 13 longs métrages et sans autre formation que ses visionnages de films et sa pratique de la photographie, Kubrick a changé le cinéma. Il avait d’ailleurs pour modèle des réalisateurs comme O. Welles et F. Fellini. Il sait jouer avec l’éclairage et les lignes, créant des images à la photographie sublime qui marque son style parfois vu comme « froid et distant ». Pour un meilleur rendu, il s’entoure toujours des dernières innovations techniques (steadicam, objectif Zeiss…) et veut maîtriser tous les rouages de ses films.

Sa spécialité : Adepte des travellings et de la caméra subjective, on retrouve souvent ces techniques dans ses films. Des thèmes comme la double personnalité ou le monde en perdition lui sont chers. Vu comme un perfectionniste, ses films manquent d’humanité aux yeux de certains : son travail est très controversé.

Ses meilleurs films : Toutes ses œuvres ont été appréciées du grand public même si certaines se démarquent comme Les sentiers de la gloire (1957), Orange mécanique (1971), Shining (1980) et 2001 : L’Odyssée de l’espace (1968).

Jean Luc Godard

« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites. »

1930 (France) – Toujours en vie

Le poète politisé : Godard forge ses films de A à Z (scénario, tournage, montage…) et est un pionnier de la Nouvelle Vague. Après s’être inspirée des séries B et polars pour ses premières œuvres, puis il se politise de plus en plus sur le plan pro et personnel. Il travaille ensuite sur des films-essais : raconter le cinéma au cinéma, à sa manière, toujours avec une certaine poésie. Il inspire des grands noms du ciné américain comme M. Scorsese, G. Lucas ou B. De Palma.

Sa spécialité : Il aime faire des mises en abîme sur le cinéma et fait parfois quelques apparitions dans ses films. Il n’a pas forcément de scénario préétabli mais “fabrique une suite de collages ou une mosaïque de fragments visuels, assemblés selon des liens plastiques et sonores”.

Ses meilleurs films : Toujours en activité, sa filmographie est impressionnante. Il a reçu de nombreux prix pour des films comme A bout de souffle (1960), Pierrot le Fou (1965), Le mépris (1963) et Vivre sa vie (1962).

Son interview ici

Andrei Tarkovski

« La fonction de l’art […] est de préparer l’homme à sa mort, de labourer et d’irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien. »

1932 (Russie/URSS) – 1986 (France)

L’artiste censuré : On associe au réalisateur russe « un renouveau du cinéma soviétique » dès sa première œuvre qui sera un succès international. Cependant, ses sujets politiques contraires aux idéaux de l’URSS lors de la guerre froide causent la censure de ces prochains films. Il s’exile donc à l’étranger pour ces 2 derniers films, faute de ressources en Russie où le gouvernement le bride pour son côté trop « avant-garde ».

Sa spécialité : Bien qu’il soit connu pour un « cinéma intellectuel » il filme plutôt un quotidien concret pour ses personnages. L’enfance, la solitude, le rêve et la terre sont des éléments importants de ses travaux souvent vus comme « mystiques ».

Ses meilleurs films : Mort assez jeune, il n’a réalisé que sept longs métrages. Son premier succès L’enfance d’Ivan (1962) puis Andreï Roublev (1969) et d’autres célèbres tels Solaris (1972) ou Stalker (1979).

Francis Ford Coppola

« L’art, en général, est la réponse au futur. C’est l’entreprise la plus importante à laquelle nous puissions nous consacrer. »

1939 (Etats-Unis) – Toujours en vie

Le Napoléon du cinéma : D’origine italienne, Coppola étudie le cinéma à l’UCLA Film School. Ses films sont connus, d’une part, pour être spectaculaires et démesurés comme tout gros film Hollywoodien. D’autre part, il s’est mis à des projets plus personnels, aux budgets plus modestes, pourvus d’une âme nostalgique avec des jeux entre le noir et blanc et la couleur. Cependant, il a souvent été décrit comme arrogant, mégalomane et volubile, ce qui lui a valu son surnom de Napoléon du cinéma.

Sa spécialité : Evidemment, la perversion engendrée par le pouvoir politique ou mafieux est un thème important dans son œuvre. En découle d’autres sujets comme la rédemption ou la violence. Il a un style hyperréaliste grâce à ses décors et son esthétique toujours soignés.

Ses meilleurs films : Ses deux succès sont Le Parrain la trilogie (1972 – 1990) et Apocalypse Now (1979). D’autres de ses œuvres comme Conversation secrète (1974) et Tetro (2009) sont aussi appréciés du grand public.

Sa masterclass ici

Martin Scorsese

« Un film est l’expression d’une vision unique – plus il est personnel, donc, et plus il s’approche du statut d’œuvre d’art. Ce qui signifie qu’il restera plus longtemps à l’épreuve du temps. »

1942 (Etats-Unis) – Toujours en vie

La figure du gangster italo-américain : Il débute avec un court-métrage qui le fait sortir du lot. Quelque peu semblable à Coppola et lui aussi d’origine italienne, il est connu pour son souci du détail. Considéré comme inventif et audacieux, il utilise des mouvements de caméras techniques et des ralentis ou narration en voix off pour instaurer une certaine ambiance. Le réalisme est pour lui très important, tout comme donner la possibilité à ses acteurs d’improviser et de s’exprimer.

Sa spécialité : Ses films se déroulent souvent à New York avec des personnages à la dérive, généralement issus de la mafia. La violence est très présente dans ses œuvres où l’on retrouve la confusion du bien et du mal. Son acteur fétiche est Robert De Niro qui apparait dans nombre d’entre elles.

Ses meilleurs films : Il commence fort avec Mean Streets (1973) puis survient des œuvres comme Taxi Driver (1976), Les affranchis (1990) ou encore Shutter Island (2010) qui participent à sa renommée.

Steven Spielberg

« L’échec est inévitable. Le succès est insaisissable. »

1946 (Etats-Unis) – Toujours en vie

Le cinéaste le plus rentable de l’histoire : Avec des films accessibles à un large public et des compétences techniques rappelant celles de Hitchcock dont il est un admirateur, Spielberg est un artiste et homme d’affaire. Il est aussi producteur, détient son propre studio. Il a réalisé de nombreux blockbusters aux récits tantôt historiques et tantôt de science-fiction qui explosent les box-offices.

Sa spécialité : On retrouve généralement dans ses films une relation où enfant et parents se confrontent. Il traite à plusieurs reprises de l’arrivée d’extra-terrestre du point de vue de la Terre. Il met en avant des familles américaines au quotidien banal appartenant à la classe moyenne. 

Ses meilleurs films : Son premier succès fut Les dents de la mer (1975). Il co-crée avec G. Lucas la trilogie Indiana Jones (1981 – 2008). Il est aussi internationalement connu pour Jurassic Park (1993 – 1997) et E. T : L’extra-terrestre (1982).

Sa masterclass ici

Cette liste met bien évidemment de côté de nombreux autres talents du cinéma qui ont, eux aussi, révolutionné un genre ou la technique cinématographique. Nous vous conseillons d’également vous attarder sur la filmographie des artistes suivants : David Lynch, Pedro Almodóvar, Ingmar Bergman, Fritz Lang, Jean Renoir, Robert Bresson, Jacques Tati… dont au moins un de leurs films est à voir pour enrichir sa culture cinématographique !

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Victoire

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